Hôtel, restaurants, piscine extérieure... l'ancien siège de la Royale Belge accueille le projet "Mix"
Libre Immo | Le projet de la semaine. Le nom du dernier locataire de l'immeuble situé au 25, boulevard du Souverain, est connu. Il occupera la moitié de l'immeuble avec un programme mixte.

- Publié le 25-01-2023 à 14h05

Joyau architectural de la commune bruxelloise de Watermael-Boitsfort, l'iconique immeuble cruciforme au look résolument seventies qui trône au n° 25 du boulevard du Souverain, à la lisière de la Forêt de Soignes, est en travaux depuis 2021.
La majorité des Bruxellois y réfèrent toujours comme l'ancien siège de la Royale Belge, quand bien même ce nom a-t-il disparu quand le groupe d'assurances a été racheté par son homologue français Axa en 1999, il y a plus de vingt ans. Mais peut-être se fera-t-il bientôt connaître sous un autre nom : celui de Mix, son principal nouvel occupant.

Acquis, loué, et revendu en moins de trois ans
Déserté depuis le départ d'Axa en 2017, l'immeuble a été mis en vente par Cofinimmo, son propriétaire depuis 1999. À l'étroit dans ses locaux du boulevard du Régent, l'ambassade des États-Unis a étudié le dossier, et, surtout, les grands travaux à prévoir pour en optimiser la sécurité. Affolée, la commune s'est empressée de demander à la Région bruxelloise d'inscrire en mai 2019 le site et son parc de 11 hectares sur la liste de sauvegarde de son patrimoine. Pas question de dénaturer ce bijou hérité du style fonctionnaliste, conçu en 1970 par les architectes René Stapels et Pierre Dufau, pas plus que de toucher à un brin d'herbe de son parc.
Après les Américains, c'est un consortium de promoteurs (Cores Development, Foresite, Urbicoon Urban Living et APE) qui se manifeste et emporte la vente quelques mois plus tard, en novembre 2019. La transaction, chiffrée à 50 millions d'euros, inclut aussi l'édifice voisin, le n° 23, construit dans les années 1980 par le même duo d'architectes et relié au n° 25 par une passerelle.
Réuni sous le nom de Souverain 25, le consortium de promoteurs imagine et finance un projet mixte piloté par les bureaux d'architectes Peter St John, Dirk Somers, DDS + et Ma2by. Au cœur du n° 25 rénové, le projet fait la part belle à des bureaux, bien sûr, mais aussi, et surtout, à un hôtel, plusieurs restaurants, un centre sportif et un centre de conférences. En lieu et place du n° 23, destiné à être détruit, les architectes dessinent quatre résidences à appartements faisant écho au design du n° 25.

Avec l'aval de la commune, le coup d'envoi du chantier est donné en 2021. À commencer par la rénovation du n° 25 (plus de 40 000 m²) puisque, après la démolition du n° 23, les travaux le concernant ont été mis à l'arrêt. Le permis autorisant la construction des 165 logements neufs (23 000 m²) est, en effet, bloqué par un recours en annulation déposé devant le Conseil d'État en octobre 2020.
En parallèle des travaux, la commercialisation du n° 25 est lancée et les 21 000 m² de bureaux prévus trouvent progressivement tous locataires, auprès du cabinet d'avocats Claeys&Engels, de la banque privée Puilaetco, de l'agence de digital business Emakina, de l'agence de brand intelligence Auxipress, de la firme pharmaceutique MSD, etc.
Tant et si bien que l'actif gagne en valeur et éveille l'intérêt du marché. En avril 2022, soit presque trois ans jour pour jour après l'avoir acquis, le consortium Souverain 25 vend l'immeuble pour la coquette somme de… 160 millions d'euros. C'est désormais le groupe d'assurances suisse Bâloise qui en détient les clés et… qui en collectera les loyers.
Un pool d'entrepreneurs
Tout ceci nous amène au dernier locataire à intégrer le futur complexe, dont le nom a été dévoilé dernièrement, en décembre 2022. Et pas des moindres, puisqu'il occupera plus de 21 000 m² à lui tout seul, soit l'autre moitié de l'immeuble. Il s'agit du groupe hôtelier Limited Editions, à qui l'on doit le JAM Hotel, le White Hotel ou Le Berger Hotel à Bruxelles, mais aussi le Domaine de Ronchinne, dans le Namurois.
"Nous sommes en plein dans les travaux d'aménagement", confie Jean-Michel André, CEO de Limited Editions, évoquant une ouverture au public au printemps 2023. Ce nouveau pôle loisirs et hôtelier, baptisé Mix en référence à la multiplicité des espaces et des services proposés, se rêve "inégalé", fort "d'une amplitude incomparable pour Bruxelles, voire pour la Belgique." "Mix sera le nouveau hotspot de la capitale", ambitionne son géniteur, qui s'est entouré de plusieurs entrepreneurs provenant des divers secteurs qui le composent : hôtellerie, restauration, sport, événementiel, digital et financier. Et de citer, entre autres, René Beltjens et Gérard Becquer (Alter Domus), Eric Mestdagh (Groupe Mestdagh), Philippe Bonnet et Éric Jacques (Limited Editions Hotels, Assurteam), l'équipe de D-Side, Corentin Poels (Crossfit Dansaert, Cosmoliving), Thibaut Dehem (87seconds, Cameleon, Bike 43), Stephane Rutte (Jeux d'Hiver, Loriers, David Lloyd)… Loin d'être de simples conseils, la plupart font partie de l'équipe opérationnelle de Mix et participent à lui donner vie au quotidien.

Les deux socles et le pied de la croix
Dans le détail, la colonne vertébrale de Mix sera son hôtel de 140 chambres et 40 suites de 50 m² avec kitchenette pour les longs séjours. "Les chambres sont concentrées aux 3e et 4e étages de l'immeuble, et les suites au 5e, précise Jean-Michel André. Toutes offriront un confort quatre étoiles." "Au 2e étage, soit au niveau du socle en béton qui soutient la croix en verre, se trouveront le lobby de l'hôtel, trois restaurants opérés par le groupe français Moma, et un grand espace de coworking", poursuit-il.
À l'intérieur du socle, Limited Editions loue encore la moitié de la superficie du 1er étage pour y aménager un centre de conférences de 2 000 m² (14 salles). "Au rez-de-chaussée, nous avons aussi pris en location un auditoire de 300 places et une salle de réception pour compléter le centre de conférences", ajoute son CEO. C'est également au rez-de-chaussée, porte d'entrée de l'immeuble, que s'inscrira un food-court exploité indépendamment par l'équipe du Food Market Wolf, en centre-ville.

Enfin, un second socle, adjacent à la croix de verre, plus petit que le socle principal, sera reconverti en centre sportif de 5 000 m². "Nous l'envisageons un peu sur le modèle d'un David Lloyd ou d'un Aspria, précise Jean-Michel André. Il sera ouvert au grand public via un système de membership, de même qu'aux clients de l'hôtel." Outre le volet sportif, le centre sera doté d'une piscine intérieure avec espace wellness et d'une piscine extérieure.
La patte de Lionel Jadot
"Une fois entré dans Mix, il n'y a plus de raison d'en sortir, sourit Jean-Michel André. C'est un lieu de vie où l'on peut travailler la semaine et flâner pendant le week-end entier." Le tout dans un îlot de verdure, loin du "remue-ménage bruxellois." "J'ai toujours voulu implanter un hôtel dans ce coin de la capitale car il y a un manque criant à combler", ajoute-t-il, confiant que, lorsqu'il a été contacté par Souverain 25, il n'en croyait pas ses oreilles. "L'immeuble est magnifique, mythique, avec son prestige, ses grands espaces, ses hauteurs sous plafond. De plus, quoique pensé pour du bureau à l'origine, il se prête étonnamment bien à un hôtel."
Pour l'aménagement de Mix, Limited Editions a organisé un concours d'architecture d'intérieur auquel ont répondu huit bureaux, remporté par l'Atelier Lionel Jadot, par ailleurs ami et partenaire de Jean-Michel André sur plusieurs projets. "Il a su s'aligner sur les piliers du fonctionnalisme et en respecter l'héritage", conclut-il.