Les élections communales, une réplique du scrutin de juin
MR et Engagés sortent vainqueurs des élections locales de ce dimanche. Comme la N-VA et le CD&V. Le PS résiste plutôt, au contraire des verts, privés de mayorats symboliques.

- Publié le 13-10-2024 à 23h30
- Mis à jour le 13-10-2024 à 23h01

Les élections locales du 13 octobre auront confirmé un principe qui semble immuable : lorsque deux scrutins se suivent à échéances rapprochées, les résultats sont à peu de chose près très semblables. Au sud du pays, le MR et Les Engagés étaient sortis vainqueurs des scrutins régionaux et fédéral. Ils sortent à nouveau renforcés des urnes. Dans le même temps, le PS et, plus encore, les écologistes sortent éreintés du scrutin local, alors que le PTB affiche des résultats en dents de scie, plutôt en deçà de leurs propres espérances.
Ces tendances sont manifestes aux élections provinciales, dont les circonscriptions ressemblent le plus – mais sans s'y confondre – aux circonscriptions fédérales et régionales. Dans toutes les provinces, à l'exception du Hainaut, le MR vire en tête dans les provinces wallonnes. Et dans les provinces wallonnes, le duo MR et Engagés récolte une majorité absolue – avec un doute à l'heure du bouclage en province de Hainaut.
En Flandre, le scrutin provincial reproduit aussi, en gros, les mêmes tendances qu'en juin. Le Belang progresse partout, mais pas au point de menacer la position dominante de la N-VA. Vooruit est plutôt en progrès, tandis que l'Open VLD et Groen s'écrasent. Le seul parti qui détonne, c'est le CD&V. Les sociaux-chrétiens flamands réalisent aux élections provinciales des scores bien supérieurs à ceux qu'ils avaient réalisés en juin, arrivant même en tête dans la province de Limbourg et en Flandre-Occidentale. Cela s'explique par l'implantation locale du CD&V, d'où il tire sa force.
La vague azur
Il est plus difficile de tirer des enseignements généraux de la multitude de scrutins communaux. Les rapports de proximité et des enjeux très particuliers y jouent un rôle bien plus déterminant que pour les scrutins législatifs. C'est d'ailleurs cette singularité qui explique qu'en dépit d'une érosion globale de son électorat, le PS a pu maintenir ses mayorats symboliques dans les grandes villes – à Mons, à Bruxelles-Ville, à Charleroi, à Liège, à La Louvière.
Reste que la vague qui a porté le MR et Les Engagés en juin s'est infiltrée partout et a érodé de nombreuses places fortes socialistes ou écologistes. Le PS devrait perdre le mayorat dans des villes comme Thuin, Andenne, Anderlecht, voire Huy. Et que dire d'Écolo, qui a été détrôné à Ottignies-LLN (où il détenait le poste de bourgmestre depuis 2000), à Fauvillers, à Enghien, à Watermael-Boitsfort, à Forest.
Défi, l'autre grand perdant des élections de juin, a résisté comme il pouvait. Il a essuyé une déroute à Schaerbeek. Mais il a pu garder le mayorat à Woluwe-Saint-Lambert et à Auderghem, où toutes ses forces semblent désormais repliées.
Le PTB a fait quelques entrées remarquables, comme à Mouscron. Mais il n'a pas fait d'énormes progrès là où il se trouvait déjà en Wallonie. À Bruxelles par contre, il s'est rendu difficilement contournable à Molenbeek, où il pourrait enregistrer une première participation dans une majorité au sud du pays.
En Flandre, le CD&V et la N-VA ont démontré que leurs racines dans le sol flamand sont profondes. Ils n'ont pas vacillé : leurs pertes sont limitées et leurs gains, nombreux.
On relèvera quand même que la Flandre compte désormais un bourgmestre estampillé Vlaams Belang – c'est une première. Guy D'haeseleer est parvenu à obtenir à Ninove la majorité absolue, qu'il avait ratée de peu en 2018. Mais le feu de l'extrême droite a pu être circonscrit et ne s'est pas propagé ailleurs.