Pas de boom des attaques au couteau

Cela s'appelle couper court à une méchante rumeur. "Il n'y a pas, à l'heure actuelle, d'augmentation du nombre des agressions perpétrées avec une arme blanche", rapporte Philippe Dulieu, expert "armes" auprès de la ministre de la Justice Laurette Onkelinx (PS) et chef de section au parquet de Liège.

M.Bu.
Pas de boom des attaques au couteau
©Olivier Pirard

Cela s'appelle couper court à une méchante rumeur. "Il n'y a pas, à l'heure actuelle, d'augmentation du nombre des agressions perpétrées avec une arme blanche", rapporte Philippe Dulieu, expert "armes" auprès de la ministre de la Justice Laurette Onkelinx (PS) et chef de section au parquet de Liège. "Il y a une psychose autour du couteau", observe-t-il. Les récentes agressions - à Binche, Ostende, Dinant ou Bruxelles - ont certes "défrayé la chronique mais elles ont donné une fausse impression : nous avons toujours eu des bagarres au couteau, c'est très fréquent. Nous n'avons en tout cas pas constaté d'augmentation particulière récemment", insiste Philippe Dulieu.

Reste qu'aucune statistique précise n'est disponible concernant le type d'arme employée lors des agressions. Les délits sont classés selon le genre d'agressions ("coups et blessures",...) - "c'est peut-être quelque chose que nous devrions changer à l'avenir", admet à ce propos Els Cleemput, porte-parole de la Police fédérale. "Il n'y a pas, non plus, particulièrement, de rajeunissement des auteurs d'attaques à l'arme blanche, certifie Philippe Dulieu. De temps en temps, on a des élèves qui amènent des armes en classe mais nous n'avons pas constaté d'augmentation de ce genre de faits."

"Couteau papillon"

La loi sur les armes (juillet 2006) liste les types de couteaux désormais prohibés. Plus question, par exemple, de détenir à son domicile un poignard, un "couteau à lame jaillissante" (de type cran d'arrêt) ou encore un "couteau papillon". Secundo, la loi reliftée intègre une nouvelle donnée : la "destination" de l'arme. Ainsi un objet qui n'a pas été conçu comme une arme mais qui est porté par une personne sur la voie publique dans le but de s'en servir comme telle tombe sous le coup de la loi. Des couteaux de cuisine, des cutters ou des fourchettes peuvent donc désormais être considérés comme des armes prohibées. Si les circonstances permettent d'établir que la personne porte cet objet pour se défendre ou pour agresser, une sanction peut dès lors être prise.

"Ne pas aller plus loin"

Illustration : "Si, en plein milieu d'un carnaval, on trouve un jeune éméché avec un long couteau de cuisine dans une poche et qu'il est connu pour des faits de coups et blessures, le parquet peut considérer que c'est une arme prohibée et peut entamer des poursuites à son encontre", raconte Philippe Dulieu. "On pourrait difficilement aller plus loin dans la prohibition sous peine de mettre dans l'illégalité ceux qui ont des couteaux à steak dans leurs tiroirs", termine l'expert.

Samedi, une marche sera organisée à la mémoire de Yannick Amba-Bongelo, le jeune tué d'un coup de couteau mardi au carnaval de Binche. Le cortège partira de la gare de Braine-le-Comte à 14 h 00. Ce sont les parents de Kevin, un ami de Yannick, lui aussi blessé dans la bagarre, qui organisent la marche à la demande des amis du jeune homme.

© La Libre Belgique 2007

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