Le premier discours de Noël très personnel du roi Philippe (vidéo)
Sa première allocution aux Belges était au moins aussi attendue que sa prestation de serment le 21 juillet dernier... Le roi Philippe n'a pas déçu, ce mardi, dans son message de fin d'année à la Nation, où il a imprimé une marque très personnelle. Une analyse de Christian Laporte.
- Publié le 24-12-2013 à 12h58
- Mis à jour le 09-01-2014 à 16h04

Sa première allocution aux Belges était au moins aussi attendue que sa prestation de serment le 21 juillet dernier...Le roi Philippe n'a pas déçu les Belges, ce mardi, dans son message de fin d'année à la Nation. Comme il sied à un jeune Roi – qui affiche quand même 53 ans au compteur! - il a d'emblée voulu lui imprimer une marque très personnelle, à la fois dans le fond et dans la forme comme le révélait "La Libre" ce mardi.
Grande innovation: il l'a enregistré intégralement dans les trois langues nationales là où ses prédécesseurs se contentaient d'exprimer leurs voeux dans la langue de Goethe et de Beethoven! Certes, sur la forme, certains observateurs des médias diront sans doute que cela ressemble encore très fort aux discours de son père – l'annonce de l'abdication d'Albert II se fit aussi debout - et que la mise en scène aurait pu être davantage soignée et certainement plus moderne. Mais bon, Philippe ne règne que depuis cinq mois et les révolutions médiatiques ne se mènent pas "à la hussarde". Du reste, quand on connaît notre septième Roi, on sait qu'il privilégie le fond, le contenu et une profondeur certaine de pensée sur le paraître, le strass et les paillettes.
Cela n'empêche pas qu'il a été "véritablement ému" par "l'accueil inoubliable" de la population lors de son accession au trône, ayant été "frappé par l'intensité des échanges entre les personnes" qui y ont pris part en masse. Le Roi a aussi été marqué par les Joyeuses Entrées qui, à sa demande, l'ont mis en contact avec les "soucis et les espoirs" de la population. Une manière de "s'imprégner davantage de ce qui vit dans les secteurs les plus divers de la société". Parallèlement, son agenda particulièrement chargé a aussi été marqué par de nombreuses rencontres au Palais avec des interlocuteurs de tous bords et de tous horizons. La réunion avec les ministres de la Culture et des artistes du Nord et du Sud du pays à la suite de l'accord culturel entre la Fédération Wallonie-Bruxelles et la Flandre l'ont visiblement impressionné tout comme il a encore salué l'attribution du Prix Nobel de physique au Pr Englert mais il a aussi exprimé sa gratitude aux équipes B-Fast dont l'aide d'urgence fut efficace aux Philippines et a tous les militaires belges un peu oubliés alors qu'ils sont très actifs dans des opérations de maintien de la paix. Et il ne pouvait forcément pas oublier les Diables Rouges.
Mais le roi Philippe est conscient que "toutes ces réussites ne peuvent occulter les difficultés" qui ne manquent pas: chez nous "un jeune sur quatre ne trouve pas de travail et une personne sur sept vit dans la pauvreté". Et "des fermetures et restructurations d'entreprises nous ont très durement touchés" alors que "trop de gens vivent dans l'isolement". Est-ce faute de mesures politiques idoines? Certainement pas puisque le Roi a souligné que dans un contexte socio-économique difficile, le gouvernement fédéral et les gouvernements régionaux ont pris des mesures encourageantes afin de consolider les finances publiques, de protéger le pouvoir d'achat et la compétitivité, soutenir nos entreprises et préserver notre modèle social. Ce fut le seul passage politique au sens politicien de son message, s'abstenant forcément de toute considération, par exemple, sur les enjeux des élections de mai prochain...
Vint alors le coeur de son discours: la place et le rôle des jeunes en vue de construire la Belgique de demain. Car "faire s'épanouir les qualités de chacun est notre responsabilité à tous" a poursuivi le Roi qui, comme il le fit déjà comme prince héritier, a insisté sur l'importance de l'enseignement et de la formation afin que les jeunes puissent "devenir des hommes et des femmes engagés et responsables". En passant, il a salué avec la reine Mathilde "le travail admirable des enseignants et des éducateurs" dont la "tâche est difficile". Il est cependant tout aussi important de tisser des liens entre toutes les composantes de notre société. Entre l'école et le monde du travail mais également entre les générations. Et...entre tous les Belges.
Un plaidoyer de jeteur de ponts convaincu – qu'il est... - à l'instar de Nelson Mandela qui "a montré que le dialogue et la réconciliation peuvent changer le monde". En émettant l'espoir que la force intérieure du grand dirigeant africain puisse être aussi la nôtre, il a conclu par ses voeux qu'il a adressés plus particulièrement à ceux qui souffrent et à ceux qui sont seuls...
Une analyse de Christian Laporte
