Les chiffres inquiétants concernant les chômeurs

Près de la moitié des chômeurs (45,9 %) sont pessimistes quant à leurs chances de (re)trouver un emploi. Avis des chômeurs sur le monde politique, crainte de la sanction, gêne par rapport à leur situation... Découvrez toutes les statistiques!

Laurent Gérard
Les chiffres inquiétants concernant les chômeurs
©Tonneau

Près de la moitié des chômeurs (45,9 %) sont pessimistes quant à leurs chances de (re)trouver un emploi. C'est l'un des enseignements les plus marquants d'une enquête réalisée par la Fondation Travail-Université, à la demande de la Confédération des syndicats chrétiens (CSC). Une enquête réalisée sur un échantillon représentatif de 1 985 travailleurs sans emploi (TSE) de Wallonie et de Bruxelles, de novembre 2013 à janvier 2014.

Deux tiers des plus de 45 ans

Plus précisément, 9,5 % des sondés estiment n'avoir aucune chance, et 36,4 % que de faibles chances, de décrocher un emploi, tandis que 12,3 % pensent avoir de fortes chances, et 41,8 % des chances moyennes, d'y parvenir.

Patricia Vendramin, auteure de l'enquête, juge ce niveau de pessimisme très important. "Il est particulièrement inquiétant de voir que plus d'un tiers des jeunes de moins de 30 ans pensent qu'ils n'ont quasi aucune chance de décrocher un job. C'est énorme ! Et chez les plus de 45 ans, ce taux passe à deux tiers. Pourtant, 45 ans, ce n'est quand même pas vieux, surtout à l'heure où l'on parle d'allonger les carrières."

Activer ne suffit pas

"Cela doit nous interpeller , poursuit la chercheuse du FTU, d'autant plus qu'un emploi, ce n'est pas seulement des revenus. Il s'agit de trouver sa place dans la société, d'acquérir son indépendance, d'obtenir un statut social et de pouvoir se projeter dans l'avenir."

Au terme de son enquête, Mme Vendramin livre un message aux décideurs politiques. "Les personnes sans emploi sont bien conscientes de leurs lacunes personnelles sur le marché de l'emploi. Mais ils savent aussi que se former ne suffira pas à décrocher un job. Dès lors, la logique de l'activation des chômeurs, qui repose uniquement sur l'accompagnement et la formation de chaque individu, a ses limites. Si c'était la solution unique, cela fait longtemps qu'on aurait résorbé le chômage. Il faut travailler sur trois niveaux : l'activation des chômeurs, certes, mais aussi le support public (offre de transports publics, solution de garde des enfants durant le travail…) ainsi que le marché du travail (création d'emplois publics, réduction du coût du travail, réduction collective du temps de travail, mobilité professionnelle…). Le politique doit dépasser la culpabilisation du chômeur et se montrer plus créatif dans ses recettes contre le chômage."

Un message au gouvernement fédéral, mais aussi aux Régions, qui vont hériter du contrôle des chômeurs.

--->  http://goo.gl/ldpu4C

LES CHIFFRES PAR RAPPORT AU CHÔMAGE

D'autres lecteurs ont également lu

Les + consultés

Vous êtes hors-ligne
Connexion rétablie...