Terrorisme : Khalid Zerkani, le mentor du djihad en Syrie, condamné à 15 ans de prison
Khalid Zerkani est condamné à quinze ans de prison pour avoir recruté en Belgique des candidats au djihad armé en Syrie, entre 2012 et 2014, entre autres Chakib Akrouh et Abdelhamid Abaaoud, deux des auteurs des attentats de novembre dernier à Paris. D'autres condamnations ont été prononcées.
- Publié le 14-04-2016 à 16h31
- Mis à jour le 14-04-2016 à 16h39

La cour d'appel de Bruxelles a prononcé, ce jeudi vers 16h15, une peine de quinze ans d'emprisonnement à l'encontre de Khalid Zerkani (photo) et de Fatima Aberkane, tous deux considérés comme dirigeants d'une filière terroriste en Belgique. La cour a aussi prononcé une peine de cinq ans de prison ferme pour Maria Grillo, laquelle avait tenté de rejoindre des camps djihadistes en Syrie, et une peine de quatre ans de prison avec sursis complet pour Naïma Aberkane, la sœur de Fatima Aberkane, pour avoir apporté une aide financière à des candidats au djihad en Syrie.
Khalid Zerkani est condamné à quinze ans de prison pour avoir recruté en Belgique des candidats au djihad armé en Syrie, entre 2012 et 2014, entre autres Chakib Akrouh et Abdelhamid Abaaoud, deux des auteurs des attentats de novembre dernier à Paris.
Il a ainsi été reconnu coupable d'avoir participé aux activités d'un groupe terroriste en tant que dirigeant, tout comme Fatima Aberkane.
Naïma Aberkane, la sœur de cette dernière, et Maria Grillo, sont quant à elles condamnées pour avoir participé aux activités d'un groupe terroriste en tant que membres.
Portrait de Zerkani
C'est un quadragénaire qui ne paie pas de mine : ventripotent, chaussé de baskets et vêtu de son éternel survêtement de sport, Khalid Zerkani n'impressionne pas vraiment. Cet homme quelque peu négligé, aux longs cheveux sur un front dégarni sur lequel on peut voir les stigmates du musulman qui s'incline pour la prière, porte une longue barbe.
"C'est la raison de mon surnom", dit cet homme surnommé "Papa Noël", qui est l'un des principaux recruteurs pour le djihad syrien à Molenbeek.
Entre septembre 2012 et la mi 2014, dix-huit de ses connaissances ont gagné (ou tenté pour deux d'entre elles) la Syrie.
Furieux d'avoir été contrôlé par des policiers à la sortie d'une mosquée radicale, il avait lancé à un policier qu'il ne voulait pas toucher un objet préalablement touché par un"kouffar" (mécréant). Avant d'ajouter, à une policière qui voulait le verbaliser, que les femmes sont des"objets inutiles" sur Terre, créés pour servir l'homme.
Les enquêteurs, qui ont travaillé sur le cas de cet individu arrêté en février 2014, ont noté son extrême prudence. Ils pensent qu'il aurait pu suivre une formation dans une académie djihadiste, peut-être au Pakistan.
Il utilisait des techniques de contre-filature, il poussait les précautions jusqu'à faire détenir ses téléphones par des tiers, il parlait en langage codé et n'utilisait jamais les SMS. Un disque dur saisi lors d'une perquisition chez un de ses proches a mis au jour des documents aux titres évocateurs comme "10 étapes pour démasquer facilement un infiltré" ou encore "38 façons de participer au djihad". Il a habité dans quatre appartements différents au cours des deux années qui ont précédé son arrestation.
Contrairement à ses disciples, Zerkani ne paraît pas avoir cherché à gagner la Syrie. Par contre, sa "cour", des jeunes qu'il avait convaincus de déserter l'école et de s'éloigner de leurs familles, a rejoint l'Etat islamique.
Ce qui n'a pas manqué de lui causer quelques ennuis, notamment quand une famille, dont le fils était parti, avait mobilisé une quinzaine de personnes pour venir lui donner une bonne leçon à la sortie d'une mosquée radicale de Molenbeek où il avait l'habitude de prêcher.
Khalid Zerkani ne disposait d'aucun revenu ou allocation. L'enquête avait révélé qu'il avait convaincu de nombreuses personnes d'effectuer des vols à la tire ou de bagages pour lui, principalement à la gare du Midi.
Au cours des perquisitions, des ordinateurs, téléphones, appareils photos et billets de devises étrangères ont été retrouvés. Il a fourni d'importantes sommes d'argent à ceux qui partaient vers la Syrie. De quoi justifier son surnom de "Papa Noël".
