Le procès Buizingen commence ce mardi, neuf ans après le drame
- Publié le 07-01-2019 à 20h03
- Mis à jour le 07-01-2019 à 21h19

C'est ce mardi que commence, devant le tribunal de police de Bruxelles, le procès de la catastrophe ferroviaire de Buizingen qui, le 15 février 2010, a fait 19 morts et 310 blessés. Le parquet de Bruxelles poursuit le conducteur d'un des deux trains impliqués dans la collision, conducteur soupçonné d'avoir brûlé un feu rouge, mais aussi la SNCB et Infrabel, les sociétés gestionnaires du réseau ferroviaire, pour négligence en matière de sécurité. L'audience introductive de mardi sera consacrée à la fixation de l'agenda.
Une procédure interminable
Pour rappel, le 15 février 2010, le train L 3678 parti de Louvain à destination de Braine-le-Comte a percuté, à 8 h 28, le train IC 1707 Quiévrain-Liège-Guillemins.
Le parquet de Bruxelles a désigné un juge d'instruction, qui a confié l'enquête à la police fédérale des chemins de fer et à un collège de cinq experts. Le 14 février 2012, ces derniers ont déposé un premier rapport. Le juge d'instruction a demandé un rapport supplémentaire, bouclé le 14 février 2014.
L'enquête a ensuite été reprise, le 1er avril 2014, par le parquet de Hal-Vilvorde, créé à la suite de la scission de l'arrondissement judiciaire de Bruxelles-Hal-Vilvorde.
En septembre 2014, le juge a inculpé le conducteur du train L, la SNCB et Infrabel puis il a pris sa retraite, début 2015. L'enquête a été confiée à un collègue. Entre-temps, le conducteur du train L, un francophone, a demandé une traduction du dossier puis un passage de la langue de la procédure du néerlandais au français. Requête rejetée par la chambre du conseil puis, en degré d'appel, par la chambre des mises en accusation. Le conducteur a finalement été auditionné en juillet 2016 et c'est fin septembre 2016 que le juge d'instruction de Hal-Vilvorde a terminé son enquête, permettant au parquet de rédiger sa réquisition finale.
En mars 2018, la chambre du conseil décidait du renvoi du conducteur, de la SNCB et d'Infrabel devant le tribunal de police de Hal. La défense du conducteur a aussitôt interjeté appel devant le tribunal d'arrondissement de Bruxelles, qui a, in fine, autorisé que le procès se tienne en français. Le dossier a dès lors été transmis au tribunal de police de Bruxelles.
Voilà qui explique pourquoi ce dossier a pris près de neuf ans à être amené devant une juridiction de fond. Un temps très, très long pour les proches des victimes, qui espèrent que le procès répondra aux questions restant en suspens au sujet de la responsabilité des uns et des autres. Les membres de l'association "Buizingen plus jamais" souhaitent en tout cas que, grâce au procès, "les 19 victimes de Buizingen ne seront pas mortes pour rien".