À Knokke, l'héritage politique de Lippens menacé par la N-VA et le Vlaams Belang
Dans un paysage politique fragmenté, le parti du bourgmestre, au pouvoir depuis 40 ans pourrait être précipité dans l'opposition.

- Publié le 24-05-2024 à 06h31
- Mis à jour le 24-05-2024 à 09h17

Dans la ville côtière, de nombreux habitants s'inquiètent de la perspective des élections communales du 13 octobre prochain. Ce scrutin pourrait en effet changer l'équilibre des forces politiques dans la station balnéaire huppée, après une stabilité politique assurée par Léopold Lippens pendant plus de 40 ans.
Si la situation risque de basculer cette année, c'est que pour la première fois, la participation aux élections communales et provinciales n'est plus obligatoire en Flandre, ce qui, selon des obseravteurs, pourrait réduire le taux de participation. Cela d'autant plus que de nombreux résidents domiciliés à Knokke, n'y habitent pas toute l'année. La tentation de ne pas se déplacer jusqu'au bureau de vote sera donc d'autant plus forte.
Lors du scrutin communal de 2018, le taux d'abstention à Knokke était de 14,7 %, et le parti au pouvoir - Gemeentebelangen - de feu Léopold Lippens avait obtenu 70 % des suffrages. Cela n'empêche pas le bourgmestre actuel, Jan Morbee (Gemeentebelangen), de redouter le prochains scrutin et le fait que certains partis profitent de cette abstention. "Que notre parti Gemeentebelangen gagne haut la main les élections n'est pas acquis d'avance comme ce fut le cas par le passé", affirme en effet le bourgmestre.
Wake up call
Un sondage réalisé auprès des habitants de Heist par le journal en ligne www.kneistikrant.be et dont La Libre a pu prendre connaissance, corrobore ces inquiétudes. Il révèle que le parti du bourgmestre (Gemeentebelangen) ne pourra plus se maintenir au pouvoir sans partenaire au lendemain des élections. Plusieurs petits partis ont vu le jour ce qui a entraîné une grande fragmentation du paysage politique.
Ainsi, le parti au pouvoir aurait perdu beaucoup de ses plumes ne récoltant plus que 26 % des suffrages. Il se ferait même dépasser par le cartel Inzicht (N-VA et CD&V) qui engrange 34 % de voix. Ja !, le nouveau parti créé par l'ancien bourgmestre De Groote obtiendrait 12,3 %.
Quant au Vlaams Belang, il double son score de 2018 et franchit le seuil des 10 % à Knokke. Le cartel Vooruit et Groen affiche un statu quo frisant les 8 %, et la nouvelle liste Puur KH obtient 9,3 %.
Bastion de la N-VA?
Si ce sondage réalisé auprès d'un millier de personnes ne reste qu'un sondage à cinq mois du scrutin, des scénarios plus ou moins crédibles circulent déjà. Dans les starting-blocks, on pourrait imaginer une coalition Inzicht et Ja totalisant 46,3 % des voix. Elle pourrait former une majorité en négociant un accord avec Vooruit-Groen ou avec Puur KH.
Plus probable est une coalition composée de Gemeentebelangen et d'Inzicht qui offrirait une majorité confortable (60 %) et expérimentée à la commune. La N-VA, conduite par Cathy Coudyser et qui grimpe dans les sondages, pourrait ainsi faire irruption dans une majorité. Cette situation fait dire à beaucoup que Bart De Wever, le président des nationalistes flamands, rêve de prendre les rênes du pouvoir à Knokke pour en faire un bastion du nationalisme flamand. Et cela, glisse un observateur, au risque que soit "anéantie" ce qui fait "la singularité de la station côtière appréciée des Belges et réputée à l'étranger", regrette un observateur.
