La soirée cauchemardesque de Bart De Wever, un quiproquo au MR
Chaque vendredi, La Libre vous propose de retrouver les dernières actualités marquantes concernant les élections communales du 13 octobre.

- Publié le 11-10-2024 à 16h57
- Mis à jour le 11-10-2024 à 18h46

Dans deux jours, les Belges devront une nouvelle fois se rendre aux urnes. Quatre mois après les élections fédérales, régionales et européennes, il leur faudra à présent choisir leurs représentants communaux et provinciaux. Au terme d'une campagne qui a été parfois électrique... Comme chaque vendredi, La Libre vous propose de revenir sur les faits les plus marquants de cette semaine politique.
1. Le cauchemar de De Wever pourrait devenir réalité...
Bart De Wever va-t-il vivre une soirée cauchemardesque ce dimanche 13 octobre ? Le président de la N-VA pourrait perdre le mayorat de la ville d'Anvers au terme de ces élections communales. Si le scénario reste hypothétique, il est toutefois presque certain que la position dominante des nationalistes flamands au sein de la Métropole sera mise à mal.
En effet, comme l'ont montré les derniers sondages, les extrêmes devraient connaître une croissance fulgurante dans la ville dirigée par Bart De Wever. Selon une enquête Ipsos, le PTB/PVDA totaliserait 24,7% des intentions de votes et le Vlaams Belang 17,1%, face à une N-VA qui reste en tête mais perd des plumes (28,3% d'intentions de votes).
L'homme qui donne du fil à retordre au leader des nationalistes flamands, c'est Jos D'Haese. Chef de groupe du PTB au Parlement flamand, il a réussi à séduire l'électorat anversois, au grand dam du bourgmestre historique. Mais l'élu marxiste de 32 ans a offert également une opportunité en or à Bart De Wever. "Bart De Wever laisse entendre à présent que c'est lui ou les communistes", nous détaille l'observateur politique Wouter Verschelden. "Comme slogan de campagne, c'est très efficace. Le président des nationalistes flamands aime disposer d'un ennemi très clair et très menaçant pour séduire l'électorat indécis."
2. ... Mais le président de la N-VA n'en perd pas son humour
Ces dernières semaines, Bart De Wever a multiplié les interventions télévisées. Que ce soit face à son rival du PTB ou seul sur les plateaux, le bourgmestre d'Anvers a tenté de convaincre les habitants de la Métropole de lui accorder une nouvelle fois leur confiance. Mais à chaque fois, le nationaliste flamand a été confronté à la question qui fâche : les électeurs vont-ils vraiment voter pour lui lors de ce scrutin ? Est-il vraiment prêt à rester bourgmestre ?
Parce qu'on le sait, M. De Wever est actuellement à la manœuvre dans les négociations fédérales. Le formateur tente de mettre sur pied un gouvernement Arizona, regroupant la N-VA, le MR, Les Engagés, le CD&V et Vooruit. Et il n'a pas caché ses ambitions d'entrer au 16 rue de la Loi. Même s'il continue à affirmer que ce n'est pas par plaisir personnel qu'il deviendrait Premier ministre, mais bien par dévouement.
Las de devoir s'expliquer, le nationaliste flamand a choisi d'ironiser sur sa situation complexe. Il est donc arrivé cette semaine sur le plateau de VTM... avec trois casquettes: une sur laquelle était inscrit "bourgmestre", l'autre avec l'inscription "président" et une dernière "formateur". Changeant de couvre-tête au gré des questions, Bart De Wever a fini par admettre qu'il n'était pas certain du tout que les négociations fédérales qu'il mène actuellement allaient aboutir. "Ce gouvernement doit répondre à un certain nombre de critères : mettre en œuvre une politique migratoire beaucoup plus stricte, remettre de l'ordre dans ses comptes et initier des réformes majeures", a détaillé le formateur. "La première tentative a échoué. Les autres partis n'en voulaient pas. Et je suis très clair : s'ils campent sur leurs positions, je ne dirigerai pas le futur gouvernement."
3. Petit coup de chaud au MR sur le PTB
Georges-Louis Bouchez le répète suffisamment: avec le PTB, c'est non. L'année dernière, le président du MR avait même plaidé pour que soit instauré un cordon sanitaire autour de l'extrême gauche comme c'est le cas pour l'extrême droite. Mais, cette semaine, une séquence particulière est venue semer le doute sur la position du parti libéral quant à la formation de Raoul Hedebouw. Sur le plateau de LN24, la tête de liste du MR à Charleroi Anthony Dufrane a tenu des propos ambigus alors qu'il était interrogé sur une possible alliance avec le PS au Pays Noir. Le libéral a fait une petite digression mentionnant les difficultés qu'il y aurait à gouverner avec le PTB. Avant de répondre à la question: "Pourquoi pas, si c'est dans l'intérêt des Carolos", réagit celui qui a longtemps été un militant socialiste.
La stupeur est totale. Le MR est-il en train d'ouvrir la porte à une coalition communale avec le PTB ? Minute papillon ! Interrogé par Le Soir, le chef de file libéral à Charleroi, Nicolas Tzanetatos met rapidement les points sur les i: "Le PTB s'est toujours comporté comme un parti communiste. C'est donc no way."
Et le principal intéressé, Anthony Dufrane, ne dit pas le contraire. L'homme explique ainsi que sa réponse a été mal comprise. C'était bien le PS qu'il envisageait comme partenaire de coalition. Mais pas du tout l'extrême gauche. Petit quiproquo donc, qui n'a pas manqué de faire jaser.
4. De nouveaux ennuis pour le plus ancien bourgmestre de Belgique, Claude Eerdekens
Décidément, Claude Eerdekens connait une campagne mouvementée. Après avoir été pointé du doigt pour son comportement sexiste vis-à-vis de collaboratrices, le plus ancien bourgmestre de Belgique est à présent accusé de harcèlement sexuel.
"Avec les femmes, il est condescendant, misogyne et phallocrate, ça dépend des jours. Il plonge dans les décolletés, évoque ses problèmes d'érection et ses séjours naturistes en Autriche et en Allemagne. Il est malaisant, sexiste et déstabilisant", racontent deux anciennes conseillères communales auprès de Wilfried.
L'enquête menée par le magazine va plus loin encore, puisqu'on y apprend que l'homme proposait "des parties à trois arrosées de champagne" dans son bureau. Il se voulait tellement insistant qu'une ex-collaboratrice a affirmé avoir eu peur pour sa vie après avoir refusé à plusieurs reprises les avances du mayeur socialiste.
Claude Eerdekens s'est défendu face à ces graves accusations. "Tout cela est faux, c'est lamentable. C'est comme si on attaquait dans le chef de Monsieur Doumont, conseiller communal Ecolo, son homosexualité. Je ne le ferais pas, cela me paraît impensable. Chacun a son orientation sexuelle", a répondu le bourgmestre d'Andenne. Ce qui a particulièrement choqué les écologistes puisque leur collègue n'avait encore jamais fait son coming-out publiquement. Le socialiste a donc pris la décision de révéler son orientation sexuelle à la place de M. Doumont. "Pour Ecolo, cette pratique doit être considérée comme une violation de la vie privée. Il s'agit d'aspects profondément personnels. Chaque personne a le droit de choisir quand et comment elle souhaite partager ces aspects de son identité"