A Tournai, Marie-Christine Marghem met fin à près de 50 ans de domination PS : "J'ai pensé à ce scénario toute la journée"
"Le renouveau politique à Tournai est au coeur de la nouvelle alliance MR-Engagés-Ecolo", insiste la libérale qui met fin à Tournai à près d'un demi-siècle de gouvernance dominée par les socialistes.
- Publié le 14-10-2024 à 12h30

En devenant bourgmestre de Tournai, à la tête d'une tripartite avec Les Engagés et Ecolo, Marie-Christine Marghem met fin à Tournai à près d'un demi-siècle de gouvernance dominée par les socialistes. Le PS est en effet au pouvoir de façon discontinue depuis la fusion des communes en 1976. Un renversement de situation acté dimanche malgré les quinze sièges obtenus par le PS (onze au MR) et une diminution d'1,11 % "seulement" du nombre de suffrages par rapport à 2018.
"Ce scénario ne pouvait pas se réaliser si les chiffres ne nous le permettaient pas. Toute la journée de dimanche, j'y ai pensé et il s'est concrétisé au fur et à mesure de l'engrangement des résultats", indique l'ancienne ministre fédérale (de l'Energie) qui a une expérience de trente ans de vie communale.
Elle rappelle qu'elle a réalisé à deux reprises le meilleur score, et qu'à deux reprises le MR avait été relégué dans l'opposition. "Lorsqu'en 2006 j'ai dépassé Christian Massy, on nous a relégués dans l'opposition, alors que le signal de l'électeur était, en termes de voix de préférence, d'accorder à ma personne la plus grande représentativité. Donc, quand aujourd'hui j'entends le PS prétendre que le signal démocratique serait bafoué, je m'en étonne : non seulement Paul-Olivier Delannois ne nous a pas appelés dimanche, mais il oublie la représentativité collective et un souhait clair de l'électeur : deux partis sur trois de la nouvelle majorité ont augmenté en termes de sièges".
"Le PS ne veut pas comprendre la logique démocratique"
Le renouveau politique est au coeur du projet de l'alliance, insiste Mme Marghem. "Le PS ne veut pas comprendre la logique démocratique de l'alternance, cette volonté de lancer de nouveaux projets, de faire les choses autrement, avec de nouveaux visages…"
La majorité ne sera-t-elle pas un peu courte (23 sièges sur 39) pour envisager six ans de législature dans une certaine sérénité ? "Si une autre formule avait été retenue, on arrivait au même résultat arithmétique. Finalement le corps électoral a exprimé ce qu'il voulait, et nous montrerons ce que nous sommes capables de faire. Ce sera très important d'être à l'écoute de nos concitoyens pour réaliser nos projets et je pense que nous serons soutenus encore plus fortement la fois prochaine".
L'alliance a été conclue sur la base de quatre sièges octroyés au MR, trois aux Engagés, et deux à Ecolo. L'accord ne stipule pas qui assurera la présidence du CPAS. "Nous avons pris le temps nécessaire pour stabiliser notre accord, maintenant nous allons travailler sur les détails".