Des étudiants du supérieur inquiets à l'approche des examens: "Nous avons peur de relancer l'épidémie"
Ils sont nombreux à exprimer leurs craintes au sujet de la session d'examen de janvier.
- Publié le 05-12-2020 à 15h23
- Mis à jour le 10-12-2020 à 15h25

Si les examens sont rarement synonymes de bien-être et de repos pour les étudiants qui doivent s'y soumettre, cette session exceptionnelle placée sous le signe d'une pandémie mondiale s'annonce particulièrement anxiogène.
Nombreux sont en effet les étudiants qui font part de leurs craintes de ne pas pouvoir préparer leurs épreuves dans de bonnes conditions d'études ou sanitaires. C'est le cas des étudiants de la faculté de psychologie, logopédie et sciences de l'éducation de l'Université de Liège qui ont tenu à faire part de leurs angoisses via une lettre ouverte à destination de la ministre de l'Enseignement Supérieur Valérie Glatigny.
Dans ce courrier, les étudiants s'inquiètent de l'impact de l'organisation des examens en présentiel sur la fréquentation des transports en commun. Ils évoquent aussi leurs craintes d'être contaminés pendant leurs examens.
"Nous allons être 200 étudiants dans un amphithéâtre pendant plusieurs heures pour la majorité des examens. Nous avons peur de créer des clusters et de relancer l'épidémie", indique la lettre. Les étudiants liégeois font également part de leurs craintes pour les étudiants qui seront en quarantaine sans présenter de symptômes.
"Il est prévu que les asymptomatiques contactent les enseignants pour discuter d'un report ou d'une autre modalité d'examen. Les personnes symptomatiques devront par contre envoyer un certificat médical. Organiser des examens à distance pour certains étudiants uniquement reviendrait à accroître les inégalités", estiment-ils.
" On sent que les étudiants sont inquiets. Ils se demandent si l'évolution de l'épidémie permettra vraiment une session sereine. Depuis le début, la Fédération des étudiants francophones se positionne en faveur d'examens en présentiel à condition que la situation le permette et on se demande si ce sera le cas", observe Chems Mabrouk, présidente de la fédération.
Du côté de l'Université de Liège, on estime qu'il serait difficile d'organiser l'intégralité de la session à distance. L'Université libre de Bruxelles a d'ailleurs aussi prévu le maintien en présentiel des examens des BAC 1 et 2.
"À l'origine, nous avions prévu deux scénarios : une session entièrement à distance ou une session hybride. Nous avons finalement opté pour l'organisation de certains examens en présentiel. Nous avons eu l'occasion de constater pendant la session de juin que certains examens sont difficiles à organiser à distance. Je pense à ceux qui nécessitent du matériel particulier ou pour lesquels il faut écrire des formules mathématiques complexes. On a tiré les leçons du mois de juin et on a laissé aux professeurs la possibilité de choisir la modalité qui leur convient le mieux. Nous avons aussi tenu compte des recommandations de la ministre de l'Enseignement Supérieur Valérie Glatigny de donner la priorité aux étudiants de première année", explique le professeur Anne-Sophie Nyssen, vice-rectrice en charge de l'enseignement et du bien-être.
