Nouvelle fusillade mortelle en lien avec le narcotrafic, et nouvelle chasse à l'homme à Bruxelles
Une personne a été tuée par balles, samedi soir, près de la station de métro Clemenceau, à Anderlecht. Là où, il y a une dizaine de jours, deux personnes ont fait feu munies d'armes de guerre.


- Publié le 16-02-2025 à 13h38
- Mis à jour le 16-02-2025 à 18h36

Il était 21H30, ce samedi 15 février, lorsqu'une nouvelle fusillade a éclaté aux abords de la station de métro Clemenceau, à Anderlecht. Une personne a succombé à ses blessures, avant même l'arrivée des secours sur place. La victime – un jeune homme de 19 ans – a été ciblée par un individu armé d'une arme de guerre, apprend-on.
Il s'agit du quatrième épisode de tirs qui touche la capitale en moins de deux semaines, et la deuxième ayant coûté la vie à un individu.
La Libre a appris de sources sûres qu'il s'agit d'un nouvel épisode dans la guerre de territoires que se livrent plusieurs organisations impliquées dans le narcotrafic dans la capitale. Les sources précisent que ces faits impliquent, d'une part, un réseau implanté au Peterbos et, d'autre part, une organisation liée au quartier Aumale qui se disputent l'occupation des abords de la station de métro Clemenceau, lieu de deal très lucratif. Le quartier Clemenceau est également reconnu par les autorités comme étant un hotspot, à savoir un lieu de trafic officiellement reconnu comme tel, ce qui implique une présence policière accrue.
Depuis la fusillade du 5 février à Clemenceau lors de laquelle deux individus munis d'armes de guerre ont fait feu aux abords de la station avant de s'enfuir en empruntant les tunnels du métro, la police était davantage présente dans le quartier. Une opération baptisée "des Bleus partout" s'est déployée dans l'objectif d'occuper l'espace, de faire fuir les potentiels fauteurs de troubles et d'apaiser les riverains, inquiets par la multiplication de ces tirs.
Un mort, malgré la présence policière
Lorsque les tirs mortels ont éclaté, ce 15 février, des policiers étaient d'ailleurs présents à moins de 100 mètres, ce qui n'a pas empêché le drame. Des faits qui démontrent que malgré la présence policière, les auteurs des faits – qui sont en fuite et activement recherchés – étaient déterminés à agir et atteindre leur cible. Une cible qui, selon des informations rapportées à La Libre par des sources proches du dossier, serait liée à un réseau de narcotrafic. "Les faits sont sans doute liés aux autres fusillades qui ont eu lieu ces derniers jours à Bruxelles, surtout celle qui a coûté la vie à une personne au Peterbos", nous glisse-t-on.
Pour rappel, un homme a été tué par balles aux abords de la cité anderlechtoise, dans la nuit du jeudi 6 au vendredi 7 février. Une quinzaine de coups de feu avaient été tirés, touchant mortellement un individu d'une cinquantaine d'années, considéré, précisent des sources, comme "un pion" du narcotrafic dans ce quartier bruxellois gangrené par les violences liées aux stupéfiants.
Tout porte donc à croire que l'individu tué ce 15 février à Clemenceau a été ciblé en représailles et à la suite des tirs mortels du Peterbos, dix jours auparavant.
Enquête confiée à la police fédérale
Dimanche midi, le parquet de Bruxelles a confirmé que la victime est un jeune homme de 19 ans, décédé à la suite des coups de feu tirés au niveau de la station de métro. "À première vue, ces faits semblent s'inscrire dans un contexte de règlement de compte dans le cadre d'un trafic de stupéfiants."
Le parquet de Bruxelles a saisi une juge d'instruction du chef d'assassinat. L'enquête a été confiée à la police fédérale. Les auteurs ont pris la fuite à bord d'un véhicule, et sont activement recherchés.
Une nouvelle chasse à l'homme est donc en cours à Bruxelles. Les riverains de ces quartiers touchés par ces faits de criminalité sont, eux, tétanisés par l'idée d'une nouvelle fusillade mortelle.