Le CD&V ne veut clairement plus de l'arc-en-ciel, mais cela suffira-t-il à ruiner le scénario ?
- Publié le 01-12-2019 à 21h00
- Mis à jour le 06-12-2019 à 08h20

Le prochain gouvernement sera-t-il arc-en-ciel ? On ne peut pas dire que le week-end qui vient de s'éteindre ait permis de se faire une opinion tranchée tant les signaux contradictoires se sont succédé.
Depuis la révélation, par La Libre, du contenu du programme de gouvernement dont rêve l'informateur royal Paul Magnette (PS), on sentait certains partis flamands pressentis pour former une telle coalition se raidir sérieusement.
Et le week-end a confirmé ce qui semble devenu une réalité politique qu'il sera difficile de nier : le CD&V ne veut plus d'un tel scénario.
Pour le CD&V, l'heure d'un duo Paul Magnette-Bart De Wever semble avoir sonné. "Le gouvernement arc-en-ciel est mort. Il faut une initiative sur une base commune des présidents du PS et de la N-VA", a affirmé, sur le plateau de RTL-TVI, Eric Van Rompuy (CD&V).
Selon lui, la note de Paul Magnette, ou du moins les éléments qui en ont fuité, reste "imbuvable" et manque surtout de chiffres. "Elle ne contient aucune mesure pour assainir les finances publiques alors que les promesses de dépenses y sont multiples" a scandé M. Van Rompuy. "Aujourd'hui, Bart De Wever doit aller au front et dire vraiment ce qu'il veut. Il faut une initiative sur une base commune", a-t-il ajouté.
Réunion secrète
Koen Geens, le vice-Premier ministre et ministre de la Justice, négociateur fédéral pour le CD&V, n'a pas dit autre chose. Invité lui aussi sur RTL-TVI, il a notamment plaidé pour une mission de "co-information" menée par Paul Magnette et Bart De Wever.
"Ce dont je voudrais convaincre les francophones, c'est que la N-VA est aussi incontournable pour les partis néerlandophones que le PS l'est pour l'instant pour les partis francophones", a-t-il affirmé. "Ce n'est pas une question de sympathie. C'est une question de viabilité du pays à long terme. Si nous faisons une erreur maintenant, nous risquons d'avoir une majorité nationaliste en Flandre en 2024", a encore averti M. Geens.
Oui mais, samedi, s'il faut en croire Het Laatst Nieuws, Paul Magnette s'est réuni en secret avec six partis (PS, SP.A., Écolo, Groen, MR et Open VLD). Le CD&V et la N-VA n'avaient pas été invités à l'entrevue. Il y avait, selon nos confrères, deux négociateurs par parti.
Faut-il en déduire, que, malgré tout, le virage vers une coalition arc-en-ciel se confirme, quels que soient les états d'âme du CD&V ? Possible. Cela expliquerait pourquoi l'Open VLD a jugé prématurées les déclarations de son député Christian Leysen (Open VLD) qui, toujours sur RTL, a déclaré dimanche que "pour aboutir à un gouvernement fédéral, il faut des gens responsables. Et c'est toujours mieux en équipe".
Rappelons que la semaine passée, l'Open VLD, par la voix du ministre flamand des Affaires intérieures Bart Somers, avait semblé se distancier de la N-VA, estimant que les nationalistes flamands ne voulaient pas prendre part à un gouvernement fédéral. "Même un aveugle pourrait le voir. Ils ne veulent juste pas se mouiller", avait déclaré M. Somers sur VTM.
Une mission compromise ou encouragée ?
S'éloigne-t-on ou se rapproche-t-on d'une majorité arc-en-ciel ? Dimanche soir, il était difficile de répondre à la question mais ce qui est sûr, c'est que le CD&V, qui a pris très mal la volonté de partis avec lesquels il était question qu'il gouverne de réformer la loi sur l'interruption volontaire de grossesse dans un sens qui l'insupporte, n'en veut pas ou plus.