Pour Pierre-Yves Jeholet, "une trahison cela ne s'oublie pas"
Le décret concernant le fonds des bâtiments scolaires pourrait être envoyé au Parlement sans accord final du gouvernement PS-MR-Écolo.

- Publié le 17-04-2024 à 20h42

Le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles MR-PS-Écolo a donc vécu. Il terminera la législature vaille que vaille jusqu'à ce qu'un nouveau gouvernement issu des élections du 9 juin soit mis en place. Pour le ministre-Président, Pierre-Yves Jeholet (MR), "une trahison ne s'oublie pas" même s'il assure qu'il continuera à jouer son rôle pour "faire vivre l'institution". En d'autres mots, ce gouvernement est "en affaires courantes". À part, gérer le quotidien et les décisions prises avant le vote PS, Écolo et PTB en faveur d'une réforme d'un décret porté par le MR (pourtant voté par la majorité en 2021), de la nuit dernière, rien de neuf ne sera discuté au sein du gouvernement.
Et on voit mal ce qui pourrait faire changer d'avis les libéraux. Il reste cependant un décret important, porté par le vice-Président PS, Frédéric Daerden, et qui vise à refinancer le fonds des bâtiments scolaires. Un texte qui est prêt et qui n'attendait plus qu'une dernière validation par l'exécutif francophone. Dans le pire des cas, s'il ne parvient pas à le faire valider par l'ensemble du gouvernement, le PS enverra directement le texte au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles et tentera de le faire voter par l'assemblée.
Le MR laissera-t-il tomber l'enseignement libre ?
Deux choses nourrissent les espoirs du PS et d'Écolo par rapport à ce décret. La première concerne sa thématique. Bloquer un tel décret pourrait ne pas être porteur en vue du prochain scrutin. Ensuite, le décret prévoit qu'une partie du fonds soit octroyée aux bâtiments scolaires de l'enseignement libre. Un aspect des choses qui tient à cœur au MR mais qui plaît moins au PS.
Les ministres actuels sont donc de toute façon condamnés à vivre ensemble jusqu'à la fin de la législature. Gageons qu'ils éviteront de trop se croiser si ce n'est pour gérer les affaires courantes. Parce les exécutifs des entités fédérées ne peuvent pas tomber, contrairement au gouvernement fédéral. Et à une cinquantaine de jours des élections, on voit mal une nouvelle majorité se mettre en place, avec désignation de ministres et constitution de cabinets ministériels.
Quant à l'impact de cette affaire sur le gouvernement wallon, pour l'instant, il semble nul. Mais le MR avertit déjà qu'en cas de comportement identique, il en sera aussi terminé de l'exécutif wallon.