Une première séquence compliquée pour le gouvernement De Wever: "Ça a été un choc", "Le Premier ministre était déçu"
La presse belge n'a pas manqué de revenir sur la polémique entourant le premier cliché officiel du gouvernement De Wever. Pour de nombreux éditorialistes, il y a de quoi s'inquiéter...

- Publié le 04-02-2025 à 14h23
- Mis à jour le 04-02-2025 à 18h04

Les sourires sont légers, les mines sérieuses. Les 14 ministres du gouvernement de Bart De Wever posent aux côtés du Premier ministre et du Roi pour le traditionnel cliché qui suit la prestation de serment du nouvel exécutif. Mais un détail n'a pas échappé aux observateurs, suscitant une vague de réactions négatives: la place accordée aux femmes dans la photo. Déjà en minorité au sein de l'exécutif fédéral, les quatre ministres de sexe féminin ont été reléguées au second rang, presque cachées dans l'ombre de ces messieurs. Si, comme nous vous l'expliquions, la position des différents membres du gouvernement dans ce cliché est régi par un protocole strict, il n'en reste pas moins que des arrangements auraient pu être trouvés pour permettre à tout à chacun d'exister. C'est ce qu'ont dénoncé - notamment - les éditorialistes, ce mardi matin. Revue de presse.
Catastrophique. C'est le terme utilisé par notre rédacteur en chef, Dorian de Meeûs, pour décrire la première image officielle du gouvernement Arizona. Interrogé sur le sujet sur la Première, il a estimé que "rien n'allait dans cette photo", soulignant également les regards qui ne vont pas tous dans la même direction.
Nos confrères de la Dernière Heure abondent dans ce sens, soulignant que le problème dépasse le domaine photographique. "Il manque des femmes (4 sur 15, 0 au kern) et des visages issus de la diversité", écrit notre collègue Alexis Carantonis. Le rédacteur en chef de la DH souligne toutefois que le gouvernement Arizona est fidèle à son mantra: ériger la compétence et l'efficacité au-dessus des symboles… "Quitte à déplaire", conclut-il.

Une autre absence très remarquée
"Le boys club de l'Arizona", titre L'Avenir. Pour nos confrères, la divulgation du casting ministériel a levé les derniers doutes de ceux "qui contestaient encore la dimension conservatrice de l'Arizona". Le quotidien régional pointe surtout du doigt les socialistes flamands, qui ont fait monter deux hommes au fédéral et aucune femme. "Une chose est sûre, il faudra faire preuve d'un fameux caractère pour Matz, Simonet, Van Bossuyt et Verlinden, afin de faire entendre la voix des femmes dans ce gouvernement", constatent nos collègues. "Où, espérons-le, certains hommes s'élèveront, à leur côté, pour mener le combat pour l'égalité."
Du côté du Soir, l'on se demande si le photographe n'a pas posé un geste militant, en "dénonçant par l'absurde le caractère hors sol de ce gouvernement au XXI e siècle, avec très peu de femmes et aucune dans le kern". "Avec, qui plus est, dans cette majorité masculine, un degré très élevé de testostérone ne fût-ce que via le brelan N-VA De Wever, Francken et Jambon", ajoute Béatrice Delvaux, qui égratigne également Georges-Louis Bouchez et son choix de ne finalement pas monter au gouvernement. Pour l'éditorialiste, il ne fait aucun doute que la décision du président du MR de "sauter du bateau à la dernière minute" a fait "enrager ses nouveaux camarades".
Le "choc" quand la photo a été dévoilée
Au nord du pays, c'est également la première photo du gouvernement De Wever qui a retenu l'attention des éditorialistes. "Cela a été un choc lorsque la photo de groupe du nouveau gouvernement a été diffusée dans le monde entier : principalement des hommes blancs en costume sombre", commence De Standaard. Le quotidien flamand regrette le contraste entre ce gouvernement et celui d'Alexander De Croo. "Il y a cinq ans, nous étions encore fiers d'un gouvernement composé à moitié de femmes. Nous avions fait la une des médias internationaux parce que, pour la première fois en Europe, une femme transgenre était devenue ministre, et nous, Belges, trouvions cela tout à fait normal", rappellent nos confrères, qui déplorent également l'absence de diversité au sein des rangs du gouvernement. Selon De Standaard, cela risque d'avoir un impact sur la confiance en la démocratie au sein de la population. "Il est essentiel que tous les groupes se sentent représentés", met en garde le quotidien.
Dans De Morgen, pas d'édito mais bien une analyse sur le fameux cliché et sa représentativité (ou non) de la future politique du gouvernement Arizona. "Le Premier ministre De Wever n'a pas caché sa déception : il est regrettable que la polémique autour de son noyau gouvernemental exclusivement masculin et de son gouvernement très masculin – onze des quinze membres possèdent un chromosome Y – éclipse les ambitions de son exécutif", relate le média flamand. Revenant sur les différents points de l'accord de gouvernement, nos confrères du nord du pays estiment que "les femmes n'étaient pas non plus toujours au premier plan dans l'élaboration des politiques".
Het Nieuwsblad souligne le caractère historique du cliché du gouvernement De Wever. "Un nationaliste flamand comme Premier ministre chargé de sauver la Belgique, qui l'aurait cru ?", s'interroge le média flamand. Mais nos confrères ajoutent que l'on peut également "avoir honte" de l'image renvoyée. "La domination des hommes blancs n'a plus sa place en 2025", avertit Het Nieuwsblad. "Des bibliothèques entières sont remplies d'études scientifiques prouvant qu'une bonne mixité hommes-femmes au sommet des organisations et des gouvernements conduit à de meilleurs résultats. Cette diversité permet de prendre en compte toutes les sensibilités et priorités. Mais apparemment, cela n'a pas pesé dans les décisions des partis formant la coalition Arizona."