Pour Adrien Dolimont (MR), l'accord fédéral est positif : "Même si nous savions qu'il y aurait un impact financier en Wallonie"
Le PS, dans l'opposition, dénonce des mesures qui vont appauvrir le sud du pays.

- Publié le 05-02-2025 à 06h57

La mise sur pied d'un nouveau gouvernement fédéral aura un impact sur les finances de la Région wallonne. Là-dessus, le PS (dans l'opposition) et le MR (dans la majorité) semblent s'accorder. Mais cet impact n'est pas jugé avec les mêmes yeux en fonction que l'on soit socialiste ou libéral au sud du pays. Le groupe PS du Parlement wallon, présidé par l'ancienne ministre Christie Morreale, considère qu'avec "les mesures fiscales prises, la Wallonie sera privée de 160 millions d'euros par an, et les communes de 70 millions d'euros chaque année". Christie Morreale insiste : "Ce gouvernement fédéral fait payer aux Wallons les choix idéologiques de la N-VA, avec la complicité du MR et des Engagés. Moins de services publics, plus de précarité, et toujours plus d'austérité : cet accord est un poison pour la Wallonie. Nous ne laisserons pas faire !"
Du côté de la majorité, le ministre-Président Adrien Dolimont (MR) qui est aussi en charge du Budget de la Région veut calmer le jeu. "Nous n'avons pas encore vu les tableaux budgétaires, mais nous l'avons plus ou moins anticipé. Nous savions qu'il y aurait un effort supplémentaire à faire, cela ne nous inquiète pas."
Le PS s'inquiète aussi de l'impact, sur les finances des CPAS wallons, de la mesure qui vise à limiter les allocations de chômage à deux ans. "La limitation des allocations de chômage à 24 mois va précipiter plus de 140 000 personnes vers les CPAS. Or, ces derniers sont déjà étranglés financièrement. Les communes devront cofinancer ces nouvelles demandes à hauteur de 30 %, alors qu'elles font déjà face à des coupes budgétaires massives." Pour Adrien Dolimont, rien n'est plus faux. "Nous ne nions pas qu'il y aura un véritable report de charge, mais le fédéral va compenser financièrement. Je n'ai pas encore le détail mais je vous assure que c'est inscrit."
"Une vision différente des choses"
Face aux critiques de l'opposition socialiste, le ministre-Président wallon voit surtout une "vision différente des choses". "Nous voulons remettre les gens au travail et si possible avant les deux ans. "Adrien Dolimont considère que les personnes qui se retrouveront aux CPAS après avoir perdu leur allocation de chômage seront mieux "encadrées". "Nous souhaitons responsabiliser les CPAS. Ces derniers devront proposer un accompagnement personnalisé." Le libéral rappelle aussi que la limitation des allocations de chômage à deux ans n'est pas immédiate dans certains cas. "Ceux qui suivront une formation dans les métiers en pénurie ne sont pas concernés", précise-t-il. Il est vrai qu'en Wallonie les métiers en pénurie ne manquent pas.
Pour le premier des Wallons, le fait d'avoir un gouvernement fédéral proche politiquement du gouvernement wallon est "une chance" "Nous avons une vision claire des choses, nous savons où nous allons, c'est très positif."
Il n'empêche que lors de la réalisation du prochain budget, celui de l'année 2026, le gouvernement wallon (MR-Les Engagés) devra trouver des moyens supplémentaires alors qu'il est déjà dans une logique d'économies structurelles.