De l'ombre des cabinets à la lumière du mayorat : qui est Audrey Henry, prochaine bourgmestre de Schaerbeek ?
Rien, initialement, ne prédisposait cette Louviéroise de naissance, venue vivre à Bruxelles pour travailler dans l'administration (SPF Intérieur) après ses études de juriste à l'UCL, à diriger Schaerbeek.

- Publié le 21-03-2025 à 19h39

La politique tient, à bien des égards, de l'art de se trouver au bon endroit, au bon moment. Il est alors utile de mener des campagnes électorales efficacement, et de tenir la distance lors de négociations. Audrey Henry (MR), qui sera la prochaine bourgmestre de Schaerbeek, remplit ces trois conditions.
Ces discussions, qui ont duré 5 mois, ont été particulièrement éprouvantes.
Elles ont débouché sur une formule inhabituelle de partage du mayorat entre deux élus : Audrey Henry (MR) revêtira l'écharpe durant les trois premières années, Hasan Koyuncu (PS) lui succédera dès janvier 2028.
Rien, initialement, ne prédisposait cette Louviéroise de naissance, venue vivre à Bruxelles pour travailler dans l'administration (SPF Intérieur) après ses études de droit à l'UCLouvain, à diriger Schaerbeek.
En 2015, elle entre un peu par hasard, via une connaissance, dans le cabinet de Didier Reynders, alors vice-Premier ministre en charge de la Justice. En décembre 2019, elle passe ensuite comme experte chez Sophie Wilmès, alors Première ministre. La crise Covid frappe la Belgique quelques mois plus tard et Audrey Henry devient en quelque sorte la "Mme Covid" du cabinet Wilmès, y acquérant une précieuse expérience en gestion de crise. Elle travaille ensuite pour David Clarinval, dont elle devient la directrice de communication.
Une personnalité de l'ombre
Elle reste, durant toutes ces années, une personnalité de l'ombre, une experte anonyme, malgré une candidature aux élections fédérales de 2019.
Elle entre brutalement dans la lumière en septembre 2024, lorsqu'Hadja Lahbib annonce son retrait de la tête de liste à Schaerbeek, un mois avant le scrutin communal.
L'ex-ministre des Affaires étrangères choisit alors de se concentrer sur son poste de commissaire européenne. Le sommet du parti s'était réuni peu avant l'annonce pour trouver la personne idéale pour succéder à celle qui devait, dans le plan initial, arracher le mayorat des mains de Bernard Clerfayt.
Le nom d'Audrey Henry arrive sur la table, lors d'échanges entre Georges-Louis Bouchez (MR), David Leisterh (MR) et Christophe De Beukelaer (Les Engagés) pour occuper la tête de liste MR-Engagés. La libérale part avec un déficit de notoriété, mais s'impose par ses compétences. Elle ne ménagera pas sa peine durant une campagne éclair, qui voit sa liste arriver en deuxième position, à un fifrelin du PS, tandis qu'elle décroche le 3e score personnel (2 615 voix) de la commune, derrière Hasan Koyuncu et Bernard Clerfayt.
La juriste n'aura guère le temps de se reposer sur ses lauriers, ni le loisir de distribuer des cadeaux à ses administrés. Les décisions difficiles seront pour elles, puisque le plan triennal d'assainissement des finances communales exige un retour à l'équilibre budgétaire d'ici à 2026. La libérale de 42 ans assume : "Il n'y aura pas d'augmentation du PRI (précompte immobilier) ni de l'IPP (impôt sur les personnes physiques). C'est donc du côté des dépenses qu'il faudra regarder".