La cure d'austérité de la Région bruxelloise passera par un "Big Bang" dans son administration
Pour atteindre l'équilibre budgétaire en 2029, le futur gouvernement bruxellois s'apprête à modifier considérablement le paysage des administrations bruxelloises, via de nombreuses fusions.

- Publié le 13-02-2026 à 11h02
- Mis à jour le 13-02-2026 à 15h53
La Libre a pu consulter la déclaration de politique régionale du gouvernement bruxellois.
La donne était connue : dès le préambule de sa Déclaration de politique régionale (DPR), que le Libre a pu consulter, le nouveau gouvernement bruxellois s'engage au retour à l'équilibre financier d'ici 2029. Si 20 % de l'effort reposera sur les recettes fiscales, les 80 % restants proviendront d'une "maîtrise structurelle des dépenses" et de la "conduite de réformes visant à rationaliser et à renforcer l'efficacité des pouvoirs publics".
En clair : l'administration va devoir se serrer la ceinture. Et le régime s'annonce assez drastique.
L'appareil administratif sera ainsi refondu en quatre piliers majeurs. La priorité sera donnée aux deux premiers dès 2026, afin de générer des synergies immédiates sur les fonctions de support.
Pilier 1 : "Bruxelles-Transversalité", la tour de contrôle
Ce premier pilier, qui fera donc office de Service d'Appui Régional, sera nommé Bruxelles-Transversalité.
Ce premier pilier fera office de Service d'appui régional (SAR). Baptisé "Bruxelles-Transversalité", il absorbera les fonctions de tour de contrôle de la Région. On y retrouvera notamment le service RH du SPRB, Talent. brussels, les départements Finance et Budget, ainsi que les pôles technologiques (Paradigm, Connect IT). Ce super-service regroupera aussi Equal. brussels, Easy. brussels, la Régie foncière et l'IBSA (statistiques).
Pilier 2 La SPRB regroupera une multitude d'acteurs
Le Service Public Régional de Bruxelles (SPRB) devient le réceptacle des missions "organiques". Il s'agit de rapatrier des compétences aujourd'hui dispersées.
- Économie & Emploi : Le SPRB absorbera Innoviris et Screen. brussels.
- Urbanisme : Un pôle fusionné verra le jour entre Perspective. brussels (planification) et Urban. brussels. Ce dernier récupérera d'ailleurs la compétence des permis d'environnement, jusque-là logée chez Bruxelles Environnement. Bruxelles Logement englobera par ailleurs Homegrade ;
- International : Le Commissariat à l'Europe et aux Organisations internationales est intégré à Bruxelles International.
- Logement : Homegrade rejoint le giron régional
Pilier 3 : "Infrastructure. brussels", le bras armé opérationne
Dès 2027, la Région créera une structure de type SA de droit public pour centraliser les chantiers et la maintenance.
Il s'agira "d'autonomiser et de rassembler" les services publics opérationnels au sein d'une nouvelle structure de type SA de droit public pour les infrastructures publiques.
Ce pilier rassemblera les divisions opérationnelles de Bruxelles Mobilité (Build, Maintain, DITP), les infrastructures du Port de Bruxelles et la gestion des espaces verts de Bruxelles Environnement. Notons un transfert de taille : Parking. brussels y sera intégré, à l'exception du recouvrement des amendes. Ce pôle gérera également les dispositifs LEZ et la future taxe kilométrique poids lourds.
Pilier 4 : La fin du puzzle foncier
Enfin, le dernier pilier visera à mettre fin à la dispersion foncière en coordonnant la SAU (Société d'Aménagement Urbain), Citydev, la SLRB (logement social) et le Fonds du Logement. L'idée est de créer une plateforme unique pour maximiser le potentiel des terrains régionaux et accélérer les projets immobiliers publics.
Ces fusions massives s'accompagneront d'un moratoire renforcé (hors fonctions opérationnelles) sur l'engagement de personnel, jusqu'à la fin de la législature. Pour 2026 uniquement, le moratoire sera même d'application sur l'ensemble du personnel, tant opérationnel que non-opérationnel.
"Pas de licenciements"
Le traitement budgétaire de ce régime plus strict pour 2026 ne pourra pas avoir pour conséquence le licenciement, précise la DRP.
Selon Frédéric De Gucht (Anders), ces réformes permettront de réduire les coûts de fonctionnement de 20 %. Au total, selon nos sources, ces réformes doivent faire économiser 555 millions d'euros d'ici à la fin de la législature.
Quoi qu'il en soit, le "Big Bang" administratif ne fait que commencer.