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Koen Geens (CD&V) sur les visites domiciliaires : "En dix ans, les mentalités ont considérablement évolué sur la question de l'immigration"

Face à la contestation de la société civile, le ministre de la Justice de 2014 à 2020 avait dû remiser son projet de réforme permettant les visites domiciliaires. Près de dix ans plus tard, le dossier est approuvé par le gouvernement De Wever. Koen Geens revient sur l'évolution de la société qui a permis ce succès politique de la coalition Arizona.

Photos Bernard Demoulin : Le Ministre de la Justice Koen Geens (© Bernard Demoulin)
L'ancien ministre de la Justice, Koen Geens (CD&V). © Bernard Demoulin

Près de 10 ans après sa mise au frigo par le gouvernement Michel, le dossier des visites domiciliaires a finalement été adopté par le gouvernement De Wever, sans susciter la même émotion qu'à l'époque où vous œuvriez comme ministre de la Justice. La société belge a-t-elle changé ?

Oui. À l'époque, le ministre de l'Intérieur (Jan Jambon, N-VA) avait affirmé au parlement qu'un policier pouvait rentrer au domicile d'un individu dès qu'il soupçonnait que des étrangers, dont la demande d'asile avait été refusée, s'y trouvaient. Nous voulions, par notre projet de loi sur les visites domiciliaires, sauver l'État de droit et remédier à cette illégalité potentielle. Nous aurions changé la loi pour imposer l'intervention d'un juge d'instruction. Ce dernier aurait dû approuver la visite domiciliaire tout comme cela se fait pour les inspections sociales et fiscales lorsqu'il y a un soupçon de fraude. Nous n'avions pas eu gain de cause. Dix ans plus tard, la même mesure semble désormais normale. À l'époque, malgré notre objectif de légalité absolue, certains considéraient la réforme comme contraire aux droits de l'homme…

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