Extrémisme de droite, antivax et djihadisme ont préoccupé les autorités en 2021
L'Organe de coordination pour l'analyse de la menace (Ocam) a reçu 218 signalements en 2021.

- Publié le 11-08-2022 à 21h36
- Mis à jour le 11-08-2022 à 21h37

L'année 2021 fut mouvementée pour l'Organe de coordination pour l'analyse de la menace, l'Ocam. C'est ce qu'il ressort de son dernier rapport d'activité, publié ce jeudi. Élément neuf, l'Ocam a recensé les signalements qui lui ont été transmis.
Ainsi, au cours de l'année 2021, il a reçu 218 signalements. Un tiers prend sa source dans une idéologie djihadiste tandis qu'un peu plus d'un dixième relève de l'extrémisme de droite. Les milieux opposés aux mesures sanitaires et à la vaccination contre le Covid-19 ont également grandement occupé l'Ocam l'an dernier. Les réseaux sociaux et applications de messagerie demeurent les moyens privilégiés d'émission de menaces.
Loup solitaire
La grande majorité des signalements de menace ont un profil de lone actor, sorte de loup solitaire, un individu qui souhaite agir seul. La plupart de ces acteurs isolés n'ont aucun lien structurel avec des groupes terroristes ou extrémistes, précise l'Ocam.
Sur les 218 signalements, un peu plus de la moitié a été jugée d'un niveau faible, un tiers des menaces a été jugé d'un niveau moyen, et moins d'un dixième des menaces a été jugé grave à un moment donné.
Une seule menace a été jugée très grave et imminente, il s'agit de celle représentée par Jürgen Conings, ce militaire aux accointances avec l'extrême droite qui avait disparu l'été dernier et fait l'objet d'une chasse à l'homme avant d'être retrouvé mort. "Cet épisode était l'exemple parfait du type de menaces observées ces dernières années : un acteur isolé, certes inspiré par un cadre idéologique extrémiste, mais tout autant animé par son opposition aux mesures sanitaires et ses frustrations professionnelles et personnelles. La menace devient donc plus diffuse, avec des auteurs qui agissent sur la base d'une multitude de motifs, dont souvent aussi des facteurs psychosociaux ", expose l'Ocam.
Le cas de Jürgen Conings est en effet représentatif des multiples menaces qui planent sur la Belgique. Mais l'Ocam insiste aussi sur le poids des manifestations violentes contre les mesures sanitaires, en particulier le "ton du contre-mouvement, qui est devenu plus acerbe". Il parle même de radicalisme à certains égards. Pour rappel, Jürgen Conings avait proféré des menaces de mort à l'égard du virologue Marc Van Ranst, qui, durant la chasse à l'homme contre Conings, était placé sous surveillance policière dans un lieu tenu secret.
Syrie et talibans
Si les courants antivax ont grandement occupé les services de renseignement de l'Ocam sur le plan national, l'actualité internationale a également eu des conséquences sur le niveau de la menace en Belgique.
Ainsi, lorsque le gouvernement a décidé de rapatrier un certain nombre d'enfants, avec leurs mères, du nord-est de la Syrie, l'Ocam a joué un rôle non négligeable dans la préparation de ce dossier. "Nous avons rédigé un grand nombre d'analyses de la menace et des risques, sur la base des contributions très appréciées de nos partenaires, ce qui a permis au gouvernement de prendre une décision pondérée. Pour l'Ocam, il est clair qu'un retour contrôlé de ces personnes est l'option la moins risquée pour la sécurité à long terme."
Enfin, la prise de pouvoir par les talibans en Afghanistan a aussi occupé l'Ocam. "Comme d'autres pays, la Belgique a organisé plusieurs vols de rapatriement. Il a été demandé aux services de sécurité, dont l'Ocam, de faire un screening de toutes ces personnes."