De Grande, pour le meilleur en mode accessible
La salle de ventes Coronari est chargée de négocier le stock du grand antiquaire de la région brugeoise.
- Publié le 25-02-2025 à 12h44

Paul De Grande est une importante figure du marché de l'art belge. Jadis, dans les années quatre-vingt et nonante, les marchands de l'Europe entière se retrouvaient dans le domaine castral du jeune antiquaire globe-trotter. Il parcourait le monde, chargeait des conteneurs, les ramenait à Anvers et de là, à Snelleghem. Tous les trois ou quatre mois, il y avait dans le parc et au rez-de-chaussée du château, plus de cent marchands venus pour une journée, pour quelques minutes, le temps de présenter les meubles et lots décoratifs au cul du camion. Un système d'enchères à l'envers attribuait le lot à la première personne qui levait le bras. C'était inouï et totalement impensable de nos jours, du fait des changements de goûts.
Ce travailleur acharné, d'une infinie courtoisie et sapé comme un lord anglais n'a jamais arrêté depuis ses 25 ans. Ce doit être la troisième vente du sieur De Grande, en vingt-cinq ans et ce sera la plus accessible en termes de prix. Sans avoir de magasin, en participant très peu à des salons d'antiquaires, Namur et Heysel jadis voire encore naguère, Paul De Grande expose parfois à La Réserve à Knokke, dans des sous-sols assez somptueux, pendant les vacances.
Crédence italienne
Chez Coronari, on aime les ventes classiques de prestige et leur dernière grande vacation avait eu lieu dans l'ancien château des vicomtes de Ghellinck, à Wanneghem-Lede. Ceci est d'une autre envergure mais travailler avec De Grande est une rareté dont les Anglais profitèrent jadis.
Les lots de la vente De Grande étaient visibles jusqu'au 25 février et se trouvent à Zedelgem. La vente aura lieu au siège de la salle et sur le Net. Il s'agit essentiellement de meubles, de sculptures et d'objets décoratifs, des XVIe au XIXe siècles.
On mettra en évidence ce groupe sculpté par un artiste brabançon du XVIe siècle, figurant une Éducation de la Vierge. Haute de 140 cm, elle devrait se vendre entre 6 000 et 12 000 €. Petit coup de cœur encore pour une armoire de style autrichien, de la fin du XVIIIe siècle, peinte de faux marbres et de natures mortes de fleurs en bouquet. Le lot est évalué entre 600 et 1 200 €.
Pointons encore un superbe meuble de sacristie, en noyer, italien et du XVIIIe siècle, sans précision de lieux. Le lot mesure 278 cm de long pour 179 cm de hauteur. Il est annoncé entre 3 000 et 6 000 €. Dans le même genre, on trouvera une crédence à deux portes, en noyer, italienne et cette fois du XVIIe siècle. Les enchères débuteront à 1 500 €, pour un meuble faisant 104 cm de haut pour 142 cm de long. Ces meubles italiens ne sont pas rares ici et ils donnent une ambiance magnifique.
- Vente publique Où ? Coronari est installée à Eke, 9 810 La Pinte-Nazareth, Steenweg 144A. www.coronariauctions.com. Tél. : 09. 312 32 40. Quand ? Ce 1er mars 2025. On peut enchérir sur Drouot, The-Saleroom, Invaluable, LiveAuctionners, et Lot-tissimo.