Le retour remarqué des Stone Roses au Disneyland du rock

Vendredi, à l'heure de la canicule, les Eagles of Death Metal avait sérieusement fait monter la température sur le site du Pukkelpop. Jesse Hughes, le chanteur à la grosse moustache de beauf, cabotin en diable, avait fait un grand numéro sur scène, pour le plus grand plaisir des spectateurs.

Vincent Rocour
Le retour remarqué des Stone Roses au Disneyland du rock
©Christophe Bortels

Vendredi, à l'heure de la canicule, les Eagles of Death Metal avait sérieusement fait monter la température sur le site du Pukkelpop. Jesse Hughes, le chanteur à la grosse moustache de beauf, cabotin en diable, avait fait un grand numéro sur scène, pour le plus grand plaisir des spectateurs. Le soleil avait cependant dû frapper un peu trop fort sur la tête des membres du service d'ordre. On ne comprend toujours pas pourquoi ces derniers ont mis tant d'agressivité à calmer les quelques fans un peu plus remuants que les autres. Ils réagissaient parfois comme s'ils étaient face à une émeute alors qu'au Pukkelpop, comme dans les autres festivals de l'été d'ailleurs, il n'y a pas la moindre trace de violence dans le public.

Keane et, juste après, Lykke Li (notre photo) ont cependant contribué à la pacification des esprits. Le groupe pop anglais est un habitué des scènes belges. Il aura délivré un set sans grande surprise mais sans faille non plus.

La folkeuse suédoise était davantage attendue. Le carton réussi par son morceau lancinant "I Follow the Rivers" a aiguisé la curiosité. Comment sa voix fluette et sa musique aux arrangements subtils allaient-elles pouvoir trouver leur place sur la grande scène du festival ? Autant le dire : plus ou moins mal. La chanteuse, enveloppée dans une veste en skai noir, avait l'air perdue et semblait presque soulagée de pouvoir se cacher derrière les grands draps noirs qui descendaient du toit de la scène. Le public s'est réveillé quand les premières notes de son tube planétaire ont retenti. Mais il est arrivé bien trop tard. Une partie du public avait déjà déserté la grande scène pour rejoindre un des sept autres podiums.

Beaucoup seront sans doute allés à la Boiler Room, scène dédiée à la techno qui aura attiré la toute grande foule lorsque le Dj français l'aura investie. C'est en somme, la marque de fabrique du Pukkelpop : on peut y voir de tout. Le public va d'une scène à l'autre, d'un style à l'autre. Il est tout le temps en mouvement et avale les notes de musique souvent jusqu'à l'overdose. C'est Disneyland en version rock. Le festival hasseltois a poussé le mimétisme avec les parcs d'attraction jusque dans son look dominé par de grandes tentes colorées.

Pour l'heure, direction la grande scène. Le groupe le plus attendu du jour a fait son apparition. Les Anglais de Stone Roses vont faire des merveilles. L'annonce de leur reformation l'an dernier, après 16 années de brouille, avait fait figure d'événement en Angleterre où les 220000 tickets des premiers concerts d'une tournée mondiale se sont vendus comme des petits pains. Dès les premières notes de "I wanna be adored" que les Anglais livrent en entrée, on a compris pourquoi ces quatre-là ont bien raison de revenir au rock. Pourquoi leur premier album, l'éponyme "The Stone Roses", se trouve toujours aujourd'hui sur notre table de chevet, 23 ans après sa sortie. Et pourquoi ils ont eu tant d'influence sur la musique anglaise — et singulièrement sur Oasis. Leur basse lourde, leur son touffu et leur chanteur faussement extatique (quoi que pas toujours juste) auront ravi. Ils nous doivent désormais un troisième album.


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