Nouvelle vague azur et grosses inquiétudes
Un édito de Dorian de Meeûs.

- Publié le 13-10-2024 à 22h19
- Mis à jour le 13-10-2024 à 22h31

Les élections de ce dimanche ont livré un verdict sans appel, confirmant les résultats des scrutins régionaux et fédéral du 9 juin dernier. La large victoire des partenaires MR et Les Engagés leur offre des majorités potentielles dans les cinq provinces wallonnes. La cohérence l'a emporté, comme souhaité par les négociateurs de la future coalition fédérale, la très attendue Arizona. Mais, au-delà des constats politiques, de la résistance du PS, de la dégringolade des écologistes et de la quasi-disparition de l'Open VLD et de Défi, il ne fait aucun doute que la démocratie est actuellement mise à rude épreuve.
Le premier phénomène inquiétant nous vient de Ninove. Cette ville de Flandre-Orientale symbolise elle seule cette triste et dangereuse réalité en offrant au Vlaams Belang une percée historique. Non par la rupture d'un cordon sanitaire trop fragile, mais par un vote massif qui donne à sa liste Forza Ninove et à son leader Guy D'haeseleer une majorité absolue. Il n'a plus besoin de partenaires. Du jamais vu. L'extrême droite flamande tient là son graal, son tant espéré "doorbraak".
Au nord du pays, un autre phénomène suscite la consternation: la fin de l'obligation de vote aux communales. Alors que le pouvoir local est perçu comme celui qui est "le plus proche des électeurs", le taux de participation s'est avéré très faible : 63%. Un électeur flamand sur trois n'a donc pas voté ce dimanche, à commencer par les jeunes et les seniors. Cette chute brutale de la participation, qui dépasse largement les projections des politologues, est un phénomène plus qu'interpellant. C'est un fait politique majeur qui démontre aussi la lassitude des citoyens belges à l'égard de la politique.
Dans la capitale, un autre phénomène a de quoi inquiéter : l'incroyable percée de la très communautariste Team Fouad Ahidar. Elle parvient à décrocher de nombreux sièges à Molenbeek, Anderlecht, Schaerbeek et à la Ville de Bruxelles. De quoi faire trembler le PS, mais aussi tous les défenseurs de la neutralité de l'État. Cette percée permettra sans doute aussi au PTB de s'inviter dans l'une ou l'autre majorité communale, comme à Molenbeek. À l'exception notable de la ville flamande de Zelzate, les marxistes ne faisaient partie d'aucune coalition communale en Belgique.
Cependant, tout n'est pas sombre. Deux lueurs d'espoir sont apparues.D'une part, les bourgmestres qui ont entièrement et fidèlement rempli leur mandat voient leurs efforts récompensés, à l'image de Philippe Close, socialiste, qui conserve une solide assise à Bruxelles. D'autre part, ceux qui ont manqué à leurs engagements paient un lourd tribut : Bernard Clerfayt, bourgmestre de Schaerbeek, dont les largesses ont été sévèrement sanctionnées par les électeurs, chute à la cinquième place avec sa Liste du Bourgmestre.
Et puis, nous sommes le 14 octobre. Enfin. Maintenant que Bart De Wever a triomphalement consolidé son leadership à Anvers face à la menace du communiste Jos D'Haese, le formateur fédéral peut – et doit – accélérer les négociations en vue de former une future coalition clairement confortée par les élections locales. Fini les calculs électoraux, place aux négociations finales.