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Philippe Van Parijs : "Pour contrer l'extrême droite, il faut la museler ou la mouiller"

La victoire du parti de Giorgia Meloni, en Italie, fait pleuvoir les qualificatifs. Radicale populiste, extrême, post-fasciste... la droite dure est dans tous ses états. Comment discerner l'actualité politique italienne en partant de l'axe traditionnel gauche-droite? Réponse avec le philosophe de l'UCLouvain Philippe Van Parijs.

Philippe Van Parijs : "Pour contrer l'extrême droite, il faut la museler ou la mouiller"
©AP

Conservatrice, populiste, radicale, extrême… tous ces qualificatifs ne s'appliquent pas qu'à la seule droite, observe le philosophe de l'UCLouvain Philippe Van Parijs. Comment discerner l'actualité politique italienne en partant de l'axe traditionnel gauche-droite ? Réponse avec l'intéressé.

Vous suggérez de partir de l'idée d'un espace à deux dimensions pour tenter de mieux saisir la problématique des extrêmes. Comment ?

Il y a deux axes clés qu'il faut bien avoir à l'esprit pour comprendre : l'axe gauche-droite qui s'articule autour de la logique étatique (intervention massive de l'État versus liberté d'entreprise) ainsi que l'axe gauche-droite qui s'articule autour de la question migratoire (ouverture des frontières versus anti-immigration). Lorsque l'on parle du Vlaams Belang en Belgique ou de Fratelli d'Italia en Italie, c'est le deuxième axe qui est en jeu, soit la question nativiste. C'est le fameux "eigen volk eerst" (trad : notre propre peuple d'abord). Très souvent, pas nécessairement mais quasi-nécessairement, il y a une connotation raciste.

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