Le logement "kangourou" n'a pas rencontré le succès escompté contrairement aux espaces partagés
Le dossier de La Libre Immo | Le WoW, promotion d'Eaglestone, accueille ses premiers habitants. L'originalité du concept est de proposer différentes typologies d'habitat.

- Publié le 07-12-2025 à 17h14

Lors de l'inauguration officielle du projet WoW à Waterloo par Eaglestone son promoteur, à laquelle il avait convié des représentants de la commune mais également du bureau d'architecture (Synergy International), du paysagiste (Landscape Design), de l'entreprise de construction (BPC) et de l'agence immobilière (Latour & Petit), il fut beaucoup question de la durée de ce projet. L'acquisition du terrain remonte à 2016. Mais les premiers remembrements datent de 2014. La période Covid n'a évidemment pas simplifié le cheminement.
Pour Nicolas Orts, co-CEO d'Eaglestone Group, enfant de Waterloo, l'aventure a démarré encore plus tôt, lui qui se souvient de "ce site devenu chancre", "mi-parking, mi-friches, mi-vestiges d'une galerie commerciale", mais stratégiquement installé en bordure de l'hyper-centre de Waterloo, à la croisée de la chaussée de Bruxelles et du boulevard Henri Rolin, en bordure du parc Jules Descampe.
Un projet qui n'est pas anodin
"Ce long cheminement a abouti à un joli projet dont le point positif est sa très belle mixité (42 appartements, trois maisons unifamiliales, 1 700 m² de surfaces commerciales, 1 100 m² de bureaux) et son succès", dira-t-il. Tant sur le plan résidentiel puisqu'il ne reste qu'une unité de trois chambres à vendre, que sur le plan commercial, seules deux des huit surfaces étant encore disponibles. Dans les autres s'installeront les enseignes Wittamer, qui y ouvre sa première boutique en Brabant wallon, Maison Nicolas, Batopin (Cash), Club Pilates et Lazeo, dédiées au bien-être, ainsi qu'un cabinet de dentisterie. "WoW devient ainsi une nouvelle centralité commerçante, complémentaire aux rues existantes de Waterloo, poursuivra Nicolas Orts. Avec WoW, nous montrons qu'un projet urbain peut à la fois valoriser un site, créer du sens et renforcer les usages du quotidien. Un projet qui crée du lien tout en étant avant-gardiste d'un point de vue environnemental." Il est en effet le premier projet carbone neutral de la commune.
"Ce sont presque les premiers lots qui ont été vendus à 80 % à des investisseurs. Sans doute parce qu'à Waterloo, ce type d'offre est encore très rare.
Du côté architectural, Sébastien Cruyt, associé-fondateur du bureau Synergy International, soulignera sa volonté de "s'inscrire dans la continuité du tissu existant, rappeler la présence de petites maisons blanches le long de la chaussée, créer un bâtiment signal à l'angle mais ouvrir aussi des vues perpendiculaires pour éviter un front de rue fermé et reconnecter naturellement la chaussée au parc". Le résultat donne quatre bâtiments distincts dans une "architecture volontairement sobre et non surimprimée, laissant respirer les percées visuelles et la végétation". Le tout sur un parking souterrain commun dont quelques places seront partagées entre les occupants des logements et les clients des commerçants.
Différentes typologies d'habitat
Mais ce qui est plus intéressant dans ce projet, ce sont les tests typologiques qu'Eaglestone a intégrés à son offre résidentielle. Bien sûr, on retrouve des appartements dits classiques d'une ou plusieurs chambres. Et le projet compte aussi trois maisons d'habitation, deux de trois chambres et une de quatre chambres, chacune bénéficiant d'un petit jardin privatif; ce qui demeure assez rare dans ce type de promotion urbaine.
Mais il y a, en plus, les appartements "kangourou" : deux unités côte à côte proposées à la vente ensemble afin de permettre, par exemple, à des personnes plus âgées d'héberger un proche plus jeune ou à une famille d'accueillir une fille au pair. Cette typologie, pourtant très actuelle, n'a cependant pas rencontré ici le succès escompté. "Nous avions quatre offres de logements kangourou, associant des appartements de deux ou trois chambres à des studios ou à des une-chambre, avec entre eux un sas en indivision, explique Benoît Galoux CCO d'Eaglestone. Une seule unité a été achetée dans cet esprit-là. Les autres ont été vendues mais sans lien entre les acquéreurs."
L'autre offre, en revanche, a connu un succès spectaculaire : des logements compacts – 40 m² pour un studio, 50 m² pour un une-chambre, 70 m² pour un deux-chambres –, vendus en pleine propriété mais assortis d'un espace partagé en copropriété. "Une grande salle à manger-cuisine entièrement équipée pour huit convives, un salon pour huit hôtes, voire plus les soirs de Coupe du monde et une grande terrasse plein sud entièrement aménagée", décrit Denis Latour, co-CEO de Latour & Petit, ajoutant qu'Eaglestone a prévu un règlement d'ordre intérieur détaillé pour encadrer l'organisation, l'occupation et l'entretien de cet espace. "Ce sont presque les premiers lots qui ont été vendus à 80 % à des investisseurs. Sans doute parce qu'à Waterloo, ce type d'offre est encore très rare."
Comme ailleurs d'ailleurs. "Mais il faut reconnaître que la commune de Waterloo a accepté d'innover, reprend Benoît Galoux, de passer dans une dimension de logements actuels; ce que toutes les communes et encore moins certaines de Bruxelles ne sont pas prêtes à faire."