Marges des agriculteurs, pesticides, sécurité alimentaire… : voici les grandes lignes de la feuille de route de l'Arizona dans l'agriculture
Le volet consacré à l'agriculture ne dépasse pas trois pages dans le document du formateur, comprend un certain nombre d'engagements généraux mais assez peu de mesures réellement concrètes.

- Publié le 02-02-2025 à 15h51
- Mis à jour le 02-02-2025 à 21h51

On le sait, le secteur agricole a été au centre de nombreuses crises économiques et sanitaires ces dernières années. Les débats sur les retombées des grands accords commerciaux de libre-échange enflamment aussi régulièrement le monde agricole. On l'a encore vu ces derniers mois avec le Mercosur, cet accord commercial avec les pays d'Amérique latine qui a été validé il y a peu par la Commission européenne mais qui continue à diviser les pays européens.
Un sujet toujours sensible
La question du "juste prix" pour les agriculteurs est aussi régulièrement posée, celle des marges que le monde agricole dégage dans la filière alimentaire par rapport à l'industrie agroalimentaire et au secteur de la distribution, dernier maillon de la chaîne. Les agriculteurs estiment souvent être défavorisés par rapport aux autres acteurs de cette filière. Bref, la question agricole reste pour tout gouvernement un sujet politiquement et socialement sensible.
Il était donc intéressant de voir ce qui figurait dans la note du formateur Bart De Wever et ce qui constituera la feuille de route de l'Arizona en matière agricole. Le résultat ? Il est assez maigre. Le volet consacré à l'agriculture ne dépasse pas trois pages, comprend un certain nombre d'engagements généraux, mais assez peu de mesures réellement concrètes. Qu'en retenir donc ? "Le gouvernement défendra une agriculture qui assure la sécurité́ alimentaire en prenant en compte les aspects géopolitiques et en promouvant une vision à long terme. Il soutiendra la compétitivité du secteur et tendra vers plus de durabilité économique, sociale et environnementale", peut-on lire au début de ce chapitre de la note. Le gouvernement, qui parle d'un "secteur stratégique de notre économie", précise aussi qu'il "soutiendra la mise en œuvre de nouvelles technologies, encouragera l'agriculture de précision et encouragera les produits à base de ressources naturelles".
"Une juste formation des prix"
Voilà pour l'ambition générale. En ce qui concerne la question de la formation des prix, la note de l'Arizona reste assez floue. "Les agriculteurs et les horticulteurs sont des entrepreneurs à part entière et ont le droit de bénéficier d'une meilleure et juste formation des prix. En collaboration avec les Régions, l'autorité fédérale vise à renforcer l'Observatoire des prix qui, en collaboration avec d'autres instances compétentes comme l'Autorité Belge de la Concurrence et l'Inspection économique, agit en tant qu'organisme indépendant et facilement accessible pour les acteurs de la chaîne agro-alimentaire. Il apporte son soutien au bon fonctionnement de la chaîne et aux négociations qui y ont cours", peut-on lire.
Nous protégeons mieux les agriculteurs qu'aujourd'hui en interdisant les clauses trop restrictives entre les entreprises alimentaires et les agriculteurs."
Et ceci : "La loi sur les pratiques commerciales déloyales entre les entreprises de la chaîne d'approvisionnement agricole et alimentaire sera évaluée, en tenant compte de l'évaluation européenne actuelle, afin de protéger efficacement, dans le cadre européen, les petits et moyens fournisseurs contre les grands acheteurs. Nous protégeons mieux les agriculteurs qu'aujourd'hui en interdisant les clauses trop restrictives entre les entreprises alimentaires et les agriculteurs. Entreprises alimentaires qui, par exemple, obligent les agriculteurs à récolter à des moments précis".
Réduction des pesticides
Le gouvernement fédéral s'engage aussi à prendre "des mesures pour protéger les marges des agriculteurs et leur position dans la chaîne, tout en veillant à ce que ces mesures ne perturbent pas la chaîne dans son ensemble". Comment ? Rien n'est vraiment précisé dans le projet d'accord gouvernemental.
Enfin côté environnemental, le gouvernement précise qu'il continuera "à mettre en œuvre le plan de réduction des pesticides, en portant une attention particulière aux entreprises agricoles belges afin qu'elles ne soient pas placées dans une position concurrentielle défavorable" et à "améliorer et à accélérer la procédure d'homologation des nouveaux pesticides ou des biopesticides".