"Loin des dogmes" et contre "l'écologie punitive": Mathieu Bihet remonte les ambitions de l'Arizona au niveau du nucléaire
Selon le ministre de l'Énergie, il faut prolonger 4 GW de capacités nucléaires existantes et construire 4 GW de nouvelles capacités.
- Publié le 18-03-2025 à 17h19
- Mis à jour le 18-03-2025 à 17h25
Le ministre de l'Énergie, Mathieu Bihet (MR), a présenté son Exposé d'orientation politique, ce mardi, à la Chambre. Lors de son grand oral, le Liégeois a insisté sur le fait que la politique énergétique de l'Arizona serait "pragmatique", "loin des dogmes", rejetant aussi "l'antinucléarisme primaire" et "l'écologie punitive".
À l'instar de Georges-Louis Bouchez, qui avait mis en avant une gestion d'ingénieurs plutôt que de poètes, Mathieu Bihet a annoncé qu'il s'appuiera sur un Haut Conseil de l'approvisionnement énergétique pour définir sa politique. Selon le libéral, cet organe indépendant devra l'aider à définir la meilleure façon de produire notre énergie afin d'atteindre plusieurs objectifs : la souveraineté énergétique, des prix abordables et une énergie bas carbone.
Mais, si cette analyse du Haut Conseil n'est pas encore disponible, l'Arizona a d'ores et déjà annoncé que le nucléaire fera partie du "mix" électrique belge. Pour rappel, l'accord de gouvernement prévoit qu'une capacité nucléaire de 4 GW, soit environ quatre gros réacteurs nucléaires, doit faire partie du paysage énergétique belge.
Ce mardi, Mathieu Bihet a précisé que l'objectif était d'avoir 4 GW de capacités nucléaires existantes ainsi que 4 GW "supplémentaires" de nouvelles capacités nucléaires. Selon cette déclaration, l'objectif serait donc de construire des nouvelles centrales nucléaires, pour une capacité de 4 GW. Cela représente quatre gros réacteurs de 1 000 MW, ou treize petits réacteurs modulaires (ou SMR) de 300 MW. Voire un "mix" de ces deux technologies.
Incertitude sur la prolongation des vieilles centrales
Mais avant de construire des nouvelles centrales nucléaires, l'Arizona devra prolonger d'anciens réacteurs. Ce ne sera pas chose facile. Rappelons qu'Engie n'a accepté de prolonger que Doel 4 et Tihange 3, ce qui représente 2 GW de capacités existantes. Mathieu Bihet va donc devoir convaincre le groupe français de prolonger d'autres réacteurs pour atteindre l'objectif de 4 GW de capacités prolongées.
Rappelons que l'énergie nucléaire ne fait plus partie de la stratégie du groupe français. Il avait accepté de prolonger Doel 4 et Tihange 3 en échange d'un cadeau du gouvernement fédéral concernant ses déchets nucléaires. Pour rappel, la Vivaldi avait accepté de plafonner le coût de gestion des déchets nucléaires à charge d'Engie, en échange de la prolongation de Doel 4 et Tihange 3. Il faudra maintenant voir ce que l'Arizona peut offrir à Engie pour qu'il accepte de prolonger d'autres réacteurs.
Mathieu Bihet a d'ailleurs semblé reconnaître qu'une prolongation nucléaire n'était pas acquise. Il a en effet déclaré qu'il fallait abroger la loi de sortie du nucléaire avant "la prolongation peut-être de capacités". Le Liégeois n'a d'ailleurs donné aucune indication à propos des réacteurs qu'il souhaiterait prolonger ou du coût d'une telle prolongation. Affaire à suivre donc.
