Une flambée du pétrole attendue à l'ouverture des marchés
Le conflit avec l'Iran pourrait avoir des effets plus importants sur le marché pétrolier.
- Publié le 02-03-2026 à 08h22
- Mis à jour le 02-03-2026 à 08h46

Au cours de l'année 2025, le baril de Brent a baissé de presque 19 %, passant de 74,93 dollars, en début d'année, à 60,91 dollars, en fin d'année.
Mais, jusqu'à présent, l'année 2026 est nettement moins positive pour les consommateurs de pétrole. Le baril de Brent a ainsi gagné 19 % depuis le début de l'année 2026, tiré vers le haut par l'actualité au Moyen-Orient.
Le Brent avait fini la séance de vendredi à plus de 72 dollars et certains analystes anticipent une flambée jusqu'à 80-82 dollars à l'ouverture des marchés pétroliers, suite au conflit au Moyen-Orient. En effet, l'administration Trump vise un changement de régime en Iran, ce qui pourrait entraîner une attitude jusqu'au-boutiste du régime iranien.
Un poids lourd qui a décliné
Alors que l'Iran était auparavant un poids lourd du secteur pétrolier, son importance a décliné au cours du temps, notamment en raison des sanctions économiques infligées par les États-Unis.
Selon l'Agence internationale de l'énergie, l'Iran a pompé 3,45 millions de barils par jour en janvier 2026, soit 3,2 % de la production mondiale (106,6 millions de barils par jour). Le pays est donc loin derrière les trois géants que sont les États-Unis, l'Arabie saoudite et la Russie. En revanche, l'Iran dépasse, par exemple, le Koweit.
En ce qui concerne les réserves prouvées de pétrole, l'Iran occupe la troisième position mondiale, derrière le Venezuela et l'Arabie saoudite. À titre de comparaison, les États-Unis, le premier producteur mondial d'or noir, n'occupent que le dixième rang mondial au niveau des réserves prouvées. L'administration Trump a donc attaqué, à tour de rôle, le premier puis le troisième plus important détenteur des réserves pétrolières mondiales.
Une route essentielle
Néanmoins, c'est la position géographique stratégique de l'Iran qui pourrait faire flamber les prix du pétrole.
Le détroit d'Ormuz, qui jouxte l'Iran, Oman et les Émirats arabes unis, est une route essentielle pour le commerce de l'or noir. Selon l'Agence américaine d'information sur l'énergie, plus de 20 millions de barils par jour de pétrole et de produits pétroliers ont été exportés via le détroit d'Ormuz en 2024. Cela représente un peu moins de 20 % de la consommation mondiale.
Une perturbation de cette route stratégique pourrait donc avoir de lourdes conséquences sur le marché pétrolier. Or selon Le Monde, le régime iranien a déclaré qu'il avait touché trois pétroliers américains et britanniques. Une information que le média français n'a pas pu confirmer de façon indépendante.
En tout cas, les trois plus importants armateurs du monde ont d'ores et déjà annoncé qu'ils n'emprunteraient plus cette route jusqu'à nouvel ordre. Selon l'AFP, MSC, Maersk et CMA CGM ont tous les trois fait cette annonce.
Une route alternative, passant par le cap de Bonne-Espérance, peut allonger de deux semaines la durée des trajets. De quoi perturber fortement le commerce mondial.
Néanmoins, l'Arabie saoudite ou les Émirats arabes unis pourraient continuer à exporter une partie de leur pétrole en contournant le détroit d'Ormuz, grâce à des oléoducs. Une partie du pétrole saoudien pourrait ainsi être chargée sur des navires en mer Rouge. Et une partie du pétrole émirati pourrait être chargée sur des bateaux dans le golfe d'Oman, juste après le détroit d'Ormuz.
