Les mesures prises pour lutter contre l'IPTV illégale sont-elles efficaces ?
Pour estimer l'efficacité des efforts fournis dans la lutte contre l'IPTV illégale, l'Italie a demandé à un expert de fournir des données chiffrées. Les résultats peuvent surprendre.

- Publié le 21-01-2025 à 16h31
- Mis à jour le 21-01-2025 à 17h10

Bloquer, poursuivre, décourager… Cela fait un bon moment que l'Europe tente tant bien que mal de stopper les flux d'IPTV illégaux. L'Italie fait figure de leader dans le domaine. Depuis 2023, elle a déployé son étendard avec le Piracy Shield. Supervisé par l'Autorità per le Garanzie nelle Comunicazioni (AGCOM), équivalent italien du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) en Belgique, ce système anti-piratage a été mis en place pour empêcher le streaming illégal de rencontres sportives par des moyens juridiques et technologiques.
Et depuis son lancement, l'AGCOM affirme que le Piracy Shield a permis de réduire l'audience des plateformes pirates. Un premier succès dans un combat que d'autres pays, comme l'Espagne et la France, suivent de près. Pour avoir des données chiffrées, Brian Turnbow, expert technologique de l'entreprise CDLAN, a justement été mandaté par l'AGCOM. Et ce qu'on peut dire, c'est que les résultats de son analyse laissent songeur.
Aucun progrès
Malgré une diminution présumée de l'audience des sites pirates, les chiffres des diffuseurs officiels comme DAZN, principal diffuseur de la Série A, stagnent. Selon l'expert, "le nombre d'utilisateurs après le bouclier anti-piratage en 2024 est le même qu'en 2023… aucun gain. Le nombre d'heures regardées en 2024 est le même qu'en 2023, là encore, aucun gain. 2024 dans son ensemble est inférieur à 2022, lorsqu'il n'y avait pas de bouclier anti-piratage".
Malgré ces chiffres peu engageants, certains experts estiment que les conséquences auraient pu être pires sans ce dispositif. Comme le rappelle le média spécialisé TorrentFreak, l'absence de mesures aurait peut-être conduit à une chute du nombre d'abonnés de DAZN, qui se serait donc tourné vers une IPTV illégale. D'autres avancent également que les tarifs des abonnements légaux restent élevés, ce qui découragerait tout simplement la souscription.