Bpost: la CSC quitte la table des négociations

"Depuis des années, l'entreprise multiplie les restructurations, accentuant la productivité dans tous les départements et supprimant de l'emploi. Mais trop c'est trop", a indiqué André Blaise, responsable général de la CSC-Transcom.

BELGA
Bpost: la CSC quitte la table des négociations

Le syndicat chrétien a quitté avec fracas les négociations organisées ce jeudi entre les syndicats et la direction de bpost, a indiqué André Blaise, responsable général de la CSC-Transcom. "Depuis des années, l'entreprise multiplie les restructurations, accentuant la productivité dans tous les départements et supprimant de l'emploi. Mais trop c'est trop. Nous ne voulons pas connaître un scénario à la France Télécom au sein de bpost", a-t-il dénoncé.

Selon la CSC, les différentes phases de réorganisation "ont débouché sur une hausse de productivité et de mobilité", ce qui contraint des milliers de facteurs à prester des heures supplémentaires "non rémunérées par bpost". "Aujourd'hui, la pression sur le personnel est telle que des milliers de postiers se trouvent en dépression, entraînant suicide et tentatives de suicide. Nous refusons catégoriquement de nous sentir complices d'éventuels actes irréparables", a poursuivi André Blaise.

"Afin de préparer la rencontre de ce jeudi, nous avons adressé un courrier à l'administrateur délégué de bpost, Johnny Thijs, afin de lui soumettre nos conditions pour participer à cette réunion. Il n'a nullement répondu à nos attentes", a-t-il encore regretté. C'est dans ce contexte que le syndicat chrétien a quitté la table des négociations. "Et sans un geste fort de la part de la direction, nous ne sommes pas prêts d'y retourner".

La direction déplore la réaction de la CSC

La direction de bpost "déplore" l'attitude du représentant de la CSC qui a quitté la table des négociations, jeudi matin, "avant que tout débat ait pu avoir lieu", a-t-elle réagi dans l'après-midi. Par ailleurs, selon les chiffres officiels, le nombre de suicides au sein de l'entreprise publique est stable depuis 2006. "L'objectif de la réunion de ce jeudi était de lancer la concertation autour des futures conditions de travail à bpost, et plus particulièrement dans le cadre des réorganisations mail prévues. A la surprise générale, le représentant de la CSC-Transcom a immédiatement quitté la réunion", a déclaré le porte-parole de l'entreprise.

"bpost déplore cette façon d'agir parce que cela risque de rendre difficile ou de compromettre la concertation sur les conditions de travail auxquelles les collaborateurs attachent à juste titre une grande importance", a-t-il ajouté. En l'absence de la CSC, la réunion s'est poursuivie avec les autres syndicats (CGSP, ACOD, ACV-Transcom, VSOA-SLFP) "et d'autres réunions ont été planifiées car bpost est convaincue que c'est par la concertation que de bons accords peuvent être conclus".

En début d'après-midi, le syndicat chrétien avait indiqué avoir quitté la table des négociations, dénonçant la multiplication des restructurations qui font peser une pression insupportable sur les travailleurs. "Trop c'est trop. La CSC-Transcom ne veut pas connaître un scénario à la France Télécom au sein de bpost", avait notamment déclaré André Blaise.

Pour rappel, 29 salariés de l'entreprise française avaient mis fin à leurs jours entre juillet 2009 et mai 2010, des suicides directement liés à la nouvelle organisation de la société qui devait conduire à la suppression de quelque 22.000 postes. A la suite de cette vague de suicides, le PDG, Didier Lombard, avait été contraint de démissionner.

Selon des chiffres officiels, le nombre de suicides au sein de bpost, lui, est stable depuis 2006. Sept suicides, non-liés à l'activité professionnelle, ont été comptabilisés cette année-là. Huit suicides ont ensuite marqué l'année 2007, un chiffre qui a diminué en 2010 et 2011 quand respectivement 5 et 3 suicides ont été déplorés. Enfin, en 2012, 5 travailleurs de bpost ont décidé d'en finir. Chaque année, en Belgique, plus de 2.000 personnes mettent fin à leurs jours.

Envie d'une nouvelle voiture ?

D'autres lecteurs ont également lu

Les + consultés

Vous êtes hors-ligne
Connexion rétablie...