ArcelorMittal: le projet d'accord approuvé par 50% des employés
Réunis en assemblée générale jeudi matin à Rocourt, 50,4% des employés d'ArcelorMittal à Liège ont approuvé le projet d'accord de la direction, concernant le volet social lié à l'arrêt de la phase à chaud.
- Publié le 22-11-2012 à 16h26

Réunis en assemblée générale jeudi matin à Rocourt, 50,4% des employés d'ArcelorMittal à Liège ont approuvé le projet d'accord de la direction, concernant le volet social lié à l'arrêt de la phase à chaud. Mardi, la direction avait lancé un ultimatum aux syndicats : s'ils n'acceptaient pas le projet d'accord pour ce jeudi soir, elle entamait les licenciements.
Par réaction, les syndicats ouvriers, rejetant ce projet, ont bloqué les expéditions dans tout le bassin liégeois, mercredi. Cette action est toujours en cours.
Du côté des employés, une assemblée générale était organisée ce jeudi matin à Rocourt pour leur faire part de la situation. 391 d'entre eux ont donc approuvé le projet d'accord, 385 se sont prononcés contre. "J'ai demandé à ce que les bulletins soient recomptés", indique Egidio Di Panfilo, secrétaire général du SETCa. "C'est une situation inédite, qui induit une décision difficile, quelle qu'elle soit. Nous organiserons peut-être un nouveau vote, afin d'obtenir une majorité franche, de 66%, comme le prévoient nos statuts. Nous allons nous concerter dans les prochaines heures pour voir comment réagir. Nous ne pouvons pas prendre attitude à l'heure actuelle."
Des réunions avec les différents syndicats seront organisées dans le courant de l'après-midi.
Le "silence assourdissant" des politiciens
FGTB-Metal et CSC Metea ont écrit une lettre ouverte aux politiciens concernant ArcelorMittal Liège, ce jeudi. Ils regrettent leur "silence assourdissant" alors que se joue "l'avenir de centaines de travailleurs". Treize mois après la décision du groupe ArcelorMittal de fermer la phase à chaud du sidérurgiste à Liège, induisant "la perte de milliers d'emplois directs et indirects", les syndicats adresse une lettre ouverte aux politiciens.
"Avec l'aide, malheureusement insuffisante, de certains d'entre vous, nous avons mis toute notre détermination à maintenir une sidérurgie intégrée à Liège", écrivent Jean-Luc Rader, secrétaire régional FGTB-Metal et Jordan Atanasov, secrétaire syndical CSC Metea. "Notre projet en ce sens a été balayé par ArcelorMittal. Depuis, on ne vous entend plus. C'est le silence parmi le monde politique belge, wallon et liégeois. Un silence qui devient assourdissant aujourd'hui quand se joue le futur de centaines de travailleurs et de familles".
Jean-Luc Rader et Jordan Atanasov ajoutent qu'ils ne sont pas "des mendiants que l'on fait chanter dans la rue en les menaçant de licenciements secs comme le prévoit l'ultimatum que la direction d'ArcelorMittal a fixé à ce jeudi soir. Nous sommes par contre médusés de votre silence que l'on redoute complice, vous qui n'êtes pourtant pas les derniers à parader devant micros et caméras".
"Nous sommes en 2012, mais rien n'a fondamentalement changé en cent ans", concluent les représentants syndicaux. "La protection de l'argent continue à prendre le pas sur celle des travailleurs".
