Les douaniers recourent à un drone pour traquer les fuyards: "S'ils prennent la fuite à pied, on peut les pourchasser grâce à la caméra thermique"
Depuis le mois de mai, les douanes volantes ont recours aux services... d'un drone pour effectuer des contrôles sur le terrain. Doté de trois caméras (dont une thermique), le drone principal, de 12 kg, conçu par la société waterlootoise Amphios, assiste les douaniers mobiles sur leurs barrages.
- Publié le 28-08-2019 à 17h38
- Mis à jour le 28-08-2019 à 17h49
L'engin était en démonstration ce matin à Cheratte, dans la région liégeoise.
Depuis le mois de mai, les douanes volantes ont recours aux services d'un... drone pour effectuer des contrôles sur le terrain. Doté de trois caméras (dont une thermique), le drone principal, de 12 kg, conçu par la société waterlootoise Amphios, assiste les douaniers mobiles sur leurs barrages.
"Le drone ne peut pas mener des missions tout seul, il vient en appui des barrages dressés par les douaniers de terrain, nous explique le pilote actuel du OnyxStar FOX-C8XT. La caméra est capable de détecter une silhouette ou de reconnaître une voiture jusqu'à 1 kilomètre de distance. Cela nous permet, par exemple, de constater qu'un automobiliste change de route pour échapper à un contrôle. Il est également possible de détecter un trafiquant de drogue qui s'est débarrassé de sa marchandise à l'approche du barrage. Et si quelqu'un prend la fuite à pied, il est possible de le pourchasser grâce à la caméra thermique, même pendant la nuit".
L'appareil dispose de deux télécommandes : une destinée au pilote, et l'autre au cameraman. L'une des caméras est dotée d'un zoom 30X, qui peut pivoter à 360°.
Actuellement, la législation ne permet pas au cameraman de zoomer pour vérifier le contenu d'une voiture. "C'est rageant, nous sommes limités par la loi, peste le pilote. Mais les services juridiques planchent sur une évolution législative qui pourrait nous donner plus de liberté".
Le recours aux caméras est néanmoins permis dans les lieux publics, et dans les lieux fermés accessibles au public (notamment les aéroports). "Les images recueillies peuvent donc être utilisées pour constater des infractions", souligne l'administration. À condition donc de ne pas aller voir à l'intérieur des voitures, considérées comme un espace privé.
Trop d'alertes sur les réseaux sociaux
Actuellement, les douanes disposent d'un pilote, tandis que huit agents suivent une formation à cet effet. Au total, l'investissement s'élève à 91 970 euros.
Selon l'administration des douanes, le recours aux drones est devenu nécessaire, étant donné la propension des usagers de la route à diffuser l'emplacement des contrôles sur les réseaux sociaux. "Les conducteurs qui ont quelque chose à cacher prennent des routes alternatives pour contourner le contrôle, explique l'administration. Le drone peut suivre ces véhicules suspects et zoomer sur les plaques d'immatriculation. Par la suite, les motos interceptent ces véhicules".
À l'avenir, l'administration entend intensifier l'utilisation des drones. Par exemple, un appareil permettra de déterminer les volumes chargés sur un bateau. Un petit drone en forme de sphère pourra également être utilisé dans des navires ou bâtiments à contrôler.
Que font les brigades mobiles ?
Les brigades mobiles des douanes sont chargées d'effectuer toutes sortes de contrôles sur la voie publique. Elles peuvent vérifier la présence de produits contrefaits, ainsi que de plantes ou d'animaux protégés. Ces brigades luttent également contre le trafic de produits soumis aux accises, comme le tabac ou l'alcool. Enfin, toute une série de comportements interdits sont contrôlés par les douaniers : paiement des amendes pénales et de l'assurance automobile ; vérification du passage au contrôle technique; contrôle de l'utilisation de diesel rouge…

