L'empreinte carbone mal évaluée des compagnies pétrolières
LIBRE ECO WEEK-END | DOSSIER | Suite Il n'existe, à ce jour, aucune méthode unifiée permettant de comparer les émissions de CO2 des compagnies pétrolières. Ainsi, à l'exception notable de Shell, la plupart des compagnies pétrolières ne comptabilisent pas les émissions dites du scope 3, soit celles générées par l'utilisation des produits qu'elles vendent (carburant, pétrochimie…). Or les émissions liées à l'utilisation des produits sont bien plus importantes que celles liées au processus de production.
- Publié le 30-11-2019 à 06h00
- Mis à jour le 01-12-2019 à 11h33

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Il n'existe, à ce jour, aucune méthode unifiée permettant de comparer les émissions de CO2 des compagnies pétrolières.
Ainsi, à l'exception notable de Shell, la plupart des compagnies pétrolières ne comptabilisent pas les émissions dites du scope 3, soit celles générées par l'utilisation des produits qu'elles vendent (carburant, pétrochimie…). Or les émissions liées à l'utilisation des produits sont bien plus importantes que celles liées au processus de production (exploration, extraction du pétrole, transport et raffinage).
L'ONG "Carbon Disclosure Project" (CDP) publie tout de même un classement des compagnies pétrolières sur la base de leurs propres émissions de CO2. Il exclut donc la partie la plus importante, l'utilisation des produits. La compagnie norvégienne Equinor arrive en tête de ce classement, devant le Français Total, l'Anglo-Néerlandais Shell, l'Italien Eni et l'Espagnol Repsol.
Une autre question est de savoir s'il faut comptabiliser les émissions des compagnies pétrolières en valeur absolue, ou par unité produite. "Fixer une valeur absolue n'est pas une solution, estime Christophe Brognaux, partner au Boston Consulting Group. Une entreprise a toujours comme objectif de croître. Or pour respecter une limite absolue, il faut vendre moins".
"Total et Shell se sont assignés comme objectif de faire diminuer la part du pétrole dans leurs ventes en diversifiant leurs activités, ajoute Christophe Brognaux. Mais il est plus facile de réduire ses émissions de CO2 en vendant proportionnellement moins de pétrole qu'en étant plus efficace dans le processus de production".
Certains rétorquent que le CO2 envoyé dans l'atmosphère est comptabilisé en valeur absolue et qu'il ne sert à rien d'être plus efficace, si on continue à vendre toujours plus de pétrole, de carburants et de produits issus de la pétrochimie.

