"Les compagnies pétrolières sont sur un scénario de réchauffement de 6 ou 7 degrés"
LIBRE ECO WEEK-END | DOSSIER | Suite Il y a comme une contradiction entre les anticipations de vente de pétrole des compagnies pétrolières et la diminution qui serait nécessaire pour atteindre les objectifs climatiques de Paris. Selon Ahmed Ben Salem, Oil&gas analyst chez le courtier ODDO BHF, les majors anticipent une hausse annuelle de la consommation de pétrole de 0,5 % jusqu'en… 2035 - 2040.
- Publié le 30-11-2019 à 06h00
- Mis à jour le 01-12-2019 à 11h36

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Il y a comme une contradiction entre les anticipations de vente de pétrole des compagnies pétrolières et la diminution qui serait nécessaire pour atteindre les objectifs climatiques de Paris.
Selon Ahmed Ben Salem, Oil&gas analyst chez le courtier ODDO BHF, les majors anticipent une hausse annuelle de la consommation de pétrole de 0,5 % jusqu'en… 2035 - 2040.
Or, selon Christophe Brognaux, partner au Boston Consulting Group, ce scénario est loin d'être en ligne avec Paris… "Quand vous additionnez les projections de vente de pétrole de l'ensemble des compagnies pétrolières, vous êtes largement en dehors des clous", explique-t-il. "On arrive plutôt à un réchauffement de 6 voire de 7 degrés. Pour atteindre les 2 degrés, pas 1,5 !, la consommation de pétrole devrait commencer à diminuer aux alentours de 2026." Cela signifie-t-il que les compagnies pétrolières considèrent qu'un scénario de 1,5 ou 2 degrés est impossible à atteindre ? "Aucune ne peut dire cela officiellement", répond Christophe Brognaux. "Mais en interne, beaucoup n'y croient pas."
Pourrait-on accuser les compagnies pétrolières de mentir à leurs actionnaires quand elles se disent engagées dans la lutte contre le réchauffement climatique, tout en tablant sur une hausse de leurs ventes de pétrole pendant encore 15 à 20 ans ? "Pas forcément", répond Christophe Brognaux. "Elles peuvent toutes considérer qu'elles vont gagner des parts de marché dans un marché en décroissance."
Quant au gaz, selon Ahmed Ben Salem, il devrait prendre des parts de marché au pétrole, avec une croissance de 1,5 % par an jusqu'en 2035-2040. Or, cette progression du gaz ne serait pas un problème fondamental du point de vue climatique. "La consommation de gaz peut croître légèrement jusqu'en 2040 tout en restant dans les clous des accords de Paris", estime Christophe Brognaux.

