La crise sanitaire: un tournant pour le vélo?

- Publié le 27-06-2020 à 07h00
- Mis à jour le 27-06-2020 à 07h08

Libre Eco week-end | Le dossier
Cela s'est passé la nuit, à l'abri des regards. À l'aube du mardi 23 juin, les premiers automobilistes s'engageant dans le rond-point Louise, l'un des nombreux points noirs à Bruxelles en matière de mobilité, ont dû se frotter les yeux en découvrant qu'une bande de circulation avait été supprimée pour faire place à une piste cyclable flambant neuve. Pour ceux qui connaissent les lieux, c'est "vélorutionnaire" !
Cet aménagement de la voirie n'a évidemment rien d'anecdotique. Piste par piste, la Région bruxelloise s'active, depuis quelques semaines, à donner davantage d'espace aux adeptes du vélo. L'objectif fixé est de tracer 40 km de pistes cyclables supplémentaires dans la capitale de l'Europe. Bruxelles n'est pas une exception. D'autres villes, belges et étrangères, ont lancé des projets ambitieux en vue de rebattre les cartes de la mobilité en donnant au vélo une place et une infrastructure à la hauteur de son succès et des enjeux urbains.
"Il est en train de se passer quelque chose", confie l'un des acteurs interrogé dans le cadre de notre dossier consacré à l'engouement spectaculaire des Belges pour le vélo depuis quelques semaines. Un effet Covid-19 ? La pandémie semble, en tout cas, avoir été un déclic pour pas mal de monde. Un effet durable ou passager ? C'est évidemment la question que l'industrie du cycle se pose alors que les voitures ont repris possession de nos villes et campagnes. On sait qu'après les crises, le naturel a la très fâcheuse tendance à revenir au galop. Sauf que… La crise sanitaire, dont nous sortons progressivement, et la crise socio-économique, qui s'installe, sont d'une autre dimension. Chacune et chacun a pu goûter, durant près de trois mois, à une autre vie. Des remises en question ont eu lieu en termes d'organisation du travail, de pratiques alimentaires, de mobilité… Oui, il est probablement en train de se passer quelque chose et le vélo pourrait bien occuper, avec l'appui indispensable des pouvoirs publics, une nouvelle place dans nos vies. Pour le meilleur.
