Ne pas oublier les valeurs européennes
- Publié le 27-06-2020 à 06h00
- Mis à jour le 14-07-2020 à 12h26

Face aux entreprises stars américaines, l'investisseur ne doit pas perdre de vue le marché européen.
Dans les marchés volatils que nous avons connus, les observateurs ont tendance à se focaliser sur le marché américain. Or, les valeurs européennes recèlent également des atouts. Il convient cependant d'y investir avec discernement. Le marché européen se distingue du marché américain dans sa composition. "Une distorsion inhérente aux indices mondiaux est que la catégorie des FANGS (Facebook, Amazon, Apple, Netflix et Google/Alphabet), qui pèse très lourd à l'échelle mondiale, est constituée d'actions américaines. Au 1er mai 2020, les technologies de l'information représentaient 7 % de l'indice MSCI Europe, mais une part énorme (26 %) de l'indice américain S&P 500", note Geoffroy Goenen de chez Candriam. Dans les indices européens de style value, la santé arrive en tête avec 17 % (contre 18 % aux États-Unis). Viennent ensuite les services financiers avec 15 % (10 % des indices américains). L'industrie représente quant à elle 13 % de l'indice européen (contre 8 % aux États-Unis) et l'énergie 5 % (versus 3 %).
Entreprises cycliques
Dans un contexte de ralentissement économique il faut rester attentifs à certains éléments. D'une part, ce ralentissement affectera davantage les entreprises cycliques que les autres. Cependant, les cours des actions reflètent déjà la baisse de la croissance économique causée par l'imposition généralisée de confinements en Europe. Nous nous dirigeons vers un monde déconfiné. Il va falloir que les entreprises (et les investisseurs) se concentrent sur les possibilités de croissance à l'avenir.
Dans l'univers des actions européennes, peut-on privilégier certains secteurs en particulier ? "La technologie et les soins de santé sont les deux secteurs susceptibles de tirer le plus grand bénéfice structurel de la pandémie du coronavirus. Il y aura une demande croissante de produits permettant de travailler à domicile et de se divertir à domicile, tandis que les gouvernements augmenteront les dépenses de santé pour remédier aux faiblesses de leurs systèmes mises en évidence par la pandémie du coronavirus", estime Daniel Morris, Senior Investment Strategist chez BNP Paribas AM.
Et qu'en est-il du secteur européen des banques et des assurances ? "Le secteur bancaire, en particulier, opère dans un environnement difficile. La différenciation des produits est faible et souvent rapidement concurrencée. La tarification est décidée par la politique des taux d'intérêt de la banque centrale, ce qui signifie que les marges et la rentabilité sont imprévisibles et échappent principalement au contrôle de la direction des banques", relève Francis Ellison, Client Portfolio Manager chez Columbia Threadneedle Investments Par ailleurs, dans ce secteur, la rupture technologique est forte. Les petites banques nouvelles concurrentes qui proposent des offres en ligne s'attaquent aux banques traditionnelles qui ont hérité de réseaux d'agences coûteux et inutiles.
Et les dividendes ?
Et que va-t-il advenir des dividendes ? Avec le ralentissement économique, les bénéfices des entreprises ont chuté. De ce fait, le rendement de l'indice MSCI Europe High Dividend Yield a chuté de 140 points de base depuis le début du mois de mars. "Mais dans un contexte de faibles taux d'intérêt, les actions à fort rendement en dividendes continueront à susciter l'intérêt des investisseurs", pense Daniel Morris.
