La maison mère de Booking.com face à une amende de près de 500 millions d'euros
Le régulateur espagnol de la concurrence, la CNMC, va infliger une amende de 490 millions d'euros à la société mère de Booking.com pour abus de position dominante, selon une information du journal économique néerlandais Het Financieele Dagblad confirmée par un porte-parole de la société de réservation.

- Publié le 23-02-2024 à 10h50
- Mis à jour le 23-02-2024 à 10h56

La CNMC soupçonne depuis un certain temps Booking.com de pratiques déloyales à l'égard de certains hôtels et agences de voyage en Espagne.
Booking compte faire appel de cette décision "sans précédent" avec laquelle elle est en "profond désaccord", a réagi vendredi la société. Cette dernière déplore les spécificités nationales dans ce genre d'affaires et plaide pour "une réglementation cohérente des plateformes en ligne à l'échelle de l'Union européenne". Pour Booking, la législation sur les marchés numériques, élaborée par la Commission européenne, constitue un "cadre pertinent pour discuter et répondre aux principales préoccupations exprimées par le CNMC, constituant une opportunité de convenir de solutions applicables à toute l'Europe plutôt que pays par pays".
Il s'agit du deuxième revers financier pour la société en un mois. À la fin janvier, la société s'est vue forcée de s'affilier à un fonds de pension pour l'industrie du voyage aux Pays-Bas. Le groupe s'y est opposé, arguant qu'il se considère comme une plateforme technologique, mais le tribunal de La Haye est allé contre cet avis.
Ces deux imprévus ont été pris en compte dans les chiffres trimestriels présentés par Booking Holdings jeudi. En conséquence, le groupe a vu son bénéfice trimestriel chuter de 82% par rapport à l'année précédente, à 222 millions de dollars.
A noter que l'entreprise a réagi. "Nous regrettons le projet de décision de la CNMC (Comisión Nacional de los Mercados y la Competencia), et sommes en profond désaccord avec ses conclusions", confie un porte-parole. "Nous nous signalerons prochainement à la Commission européenne dans le cadre du Digital Markets Act, qui vise à assurer une réglementation cohérente des plateformes en ligne à l'échelle de l'Union européenne, et ainsi éviter la fragmentation à un niveau national. Nous sommes convaincus qu'il s'agit là du cadre pertinent pour discuter et adresser les principales préoccupations exprimées par le CNMC, constituant une opportunité de convenir de solutions applicables à toute l'Europe plutôt que pays par pays. Nous comptons faire appel de cette décision sans précédent en Espagne, si elle devait toutefois devenir définitive."
