Benoit Leplae (Ekillibre) "J'ai pu voir ce que mangeaient les enfants à la cantine et j'ai trouvé ça scandaleux"
Libre Eco week-end | Start-up à impact. Parti du constat que certaines cantines scolaires ne fournissaient pas de plats équilibrés à prix bas, Benoit Leplae a lancé sa start-up pour mettre en relation les traiteurs locaux et les écoles.

- Publié le 06-09-2024 à 08h07
- Mis à jour le 09-09-2024 à 13h43

Et si le secret d'une éducation réussie commençait aussi dans l'assiette ? C'est dans cette optique que Benoît Leplae, jeune entrepreneur de Braine-le-Comte, s'est lancé dans le projet Ekillibre. Sa start-up, fondée il y a trois ans, met en relation les traiteurs locaux et les écoles pour proposer des repas sains et équilibrés. Une idée qui lui est venue lorsque sa fille a fait ses premiers pas à l'école. "J'avais fait des études d'ingénieur de gestion. Et après avoir travaillé quelques années dans une boîte de consultance, je me suis retrouvé comme gestionnaire financier dans une école. Tous les midis, j'ai pu voir ce que mangeaient les enfants à la cantine et j'ai trouvé ça scandaleux. Ça l'était d'autant plus quand je voyais le prix pour une qualité pareille."

En parallèle, la crise sanitaire faisait son apparition. Du jour au lendemain, des centaines de traiteurs se sont retrouvés sans emploi. "C'est là que je me suis dit que s'ils servaient des écoles, ils auraient encore eu du boulot", lance Benoît Leplae. L'idée émerge, il n'y avait plus qu'à la concrétiser.
Une explosion de demandes
Depuis son lancement, la start-up a bien évolué. "Je l'ai lancée 'à l'ancienne' avec un bon fichier Excel. Je récoltais les commandes. Mon téléphone sonnait non-stop. Mais on est rapidement passé de la start-up 'en mode garage' à la petite boîte avec 5-6 personnes et une vraie équipe à faire tourner."
Depuis la toute première école dans le Namurois il y a trois ans, elles sont maintenant plus de 160 à travailler avec Ekillibre pour un total de 6500 repas quotidiens. "Rien qu'entre juin et septembre de cette année, nous avons ajouté 1500 repas parmi les commandes", se réjouit Benoît Leplae. Des écoles principalement dans le Hainaut, le Brabant wallon et dans la province de Namur, avec un démarrage prometteur à Bruxelles. "Nous ne sommes pas encore vraiment implantés dans les provinces de Liège et Luxembourg. Mais c'est parce que nous ne savons pas être sur tous les fronts. Mais il y a de la demande !"
Pour moins de quatre euros pour les écoles maternelles, moins de cinq pour les primaires et moins de six euros pour les écoles secondaires, Ekillibre garantit de fournir un potage, un plat et un dessert. "Globalement, nous avons un taux de satisfaction super bon. Nous avons récemment engagé quelqu'un qui a travaillé pendant 20 ans dans la restauration collective. Il sélectionne les traiteurs avec qui on travaille et fait régulièrement des contrôles sur place. Une autre personne fait le tour des écoles pour discuter avec les membres du personnel et avoir leur retour. Et parfois, elle échange aussi avec les enfants. Et les enfants, c'est sans filtre. Donc, si ce n'est pas bon, on le sait directement", s'amuse l'entrepreneur. "Et en cas de pépin, notre secrétaire est joignable tous les matins jusqu'à l'heure du repas. Il y a un seul numéro avec un vrai humain derrière qui appelle le traiteur et les solutions arrivent directement. On n'attend pas que des petits soucis s'enveniment."

Solidifier les bases
Parti dans le projet sans financement, Benoît Leplae aime se dire qu'Ekillibre a été rentable dès la première commande. En 2023, le chiffre d'affaires de la start-up était de 1,1 million. "D'après nos prévisions pour 2024, nous allons être entre 2 et 3 millions d'euros." De quoi nourrir quelques ambitions, vers la Flandre par exemple ? "Je ne suis pas contre, mais je ne veux pas non plus dire qu'on attaque la Flandre alors que je n'ai aucune idée si le modèle tient la route là-bas. L'ambition est là, mais il faut faire les choses bien. Le plus important, c'est de faire vivre l'entreprise. Et advienne que pourra."
Avant de conquérir de nouveaux territoires, Benoît Leplae est en train de construire les premiers bureaux de la société, qui devraient ouvrir dans les semaines à venir dans sa ville natale, à Braine-le-Comte.