Nvidia, le champion technologique qui pèse six fois le PIB de la Belgique
La première capitalisation boursière mondiale a dépassé les attentes mais son action a stagné.
- Publié le 21-11-2024 à 17h44
- Mis à jour le 21-11-2024 à 18h56

Nvidia est une société américaine co-fondée dans les années 90 par Jensen Huang, un immigré taïwanais. Au départ, elle était spécialisée dans les cartes graphiques pour les ordinateurs.
Mais, ces dernières années, Nvidia est devenu un acteur incontournable de la révolution de l'intelligence artificielle (IA). L'entreprise américaine conçoit en effet des processeurs graphiques (GPU), qui équipent les centres de données nécessaires pour entraîner et faire fonctionner les modèles d'intelligence artificielle. Et, vu son avance technologique dans ce domaine, Nvidia a connu une croissance folle ces deux dernières années.
Avec une valeur boursière de 3 600 milliards de dollars, Nvidia est actuellement la première capitalisation mondiale. Le 3 janvier 2023, l'action valait encore 14 dollars, contre 144 dollars jeudi en cours de séance à Wall Street. Cela représente environ six fois le… produit intérieur brut (PIB) de la Belgique. C'est peu dire que les résultats trimestriels du champion des processeurs graphiques étaient attendus. Ceux-ci ont été publiés mercredi soir, après la clôture de la Bourse américaine.
Selon un communiqué de l'entreprise, le chiffre d'affaires de Nvidia s'est élevé à 35 milliards de dollars au troisième trimestre de cet exercice, quasiment le double par rapport au même trimestre de l'année précédente (+ 94 %). Sur ce total, 30,8 milliards ont été générés par le business des data centers et donc de l'IA. Le "gaming", business historique du groupe, n'a généré "que" 3,3 milliards de dollars sur le trimestre.
Vu son leadership dans le domaine de l'IA, Nvidia est en mesure de dicter ses prix et de générer de grosses marges. Sur son chiffre d'affaires de 35 milliards de dollars, l'entreprise a généré un bénéfice net de 19 milliards dollars.
À l'ouverture de la séance de jeudi, à la Bourse de New York, l'action hésitait entre la hausse et la baisse.
Forte demande pour le "Hopper"
Le groupe a fait savoir que la demande pour le "Hopper" et les attentes pour le "Blackwell", qui vient d'être lancé sur le marché, sont "incroyables". Le Hopper est une famille de microprocesseurs qui comprend le H100, produit vedette de la firme, de loin le plus demandé du secteur et qui vaut plusieurs dizaines de milliers de dollars par pièce.
Mi-mars, Nvidia a présenté le Blackwell, famille de GPU successeurs du H100, qu'il qualifie de "puce la plus puissante du monde". "Nous nous attendons à ce que la demande pour le Blackwell dépasse l'offre durant plusieurs trimestres", a précisé Nvidia. "Ces résultats renforcent l'idée selon laquelle Nvidia est une entreprise comme il n'en existe qu'une par génération, qui dessine les contours de la prochaine révolution industrielle", a commenté l'entreprise.
Parmi les quelques ombres au tableau, il y a le fait que l'entreprise prévoit un léger tassement de sa marge brute pour le trimestre en cours par rapport au précédent, pour se situer dans une fourchette comprise entre 73 % et 73,5 %. Cette marge s'était déjà effritée au deuxième trimestre, du fait de l'utilisation de systèmes plus coûteux dans les data centers. "On pourrait chercher la petite bête, mais bien des sociétés s'arracheraient le bras pour une marge supérieure à 70 %", a relativisé l'entreprise, "et ce seuil ne semble pas en danger à court terme".
Nvidia continue à faire la démonstration de sa position dominante sur le marché des puces IA […] mais des craintes demeurent quant au rythme de production du Blackwell et quant à la concentration de ses clients"
Diversification
Par ailleurs, Nvidia cherche à se développer, notamment dans l'automobile et la visualisation professionnelle (graphiques), mais les centres de données représentent toujours environ 88 % de son chiffre d'affaires. "Nvidia continue à faire la démonstration de sa position dominante sur le marché des puces IA […] mais des craintes demeurent quant au rythme de production du Blackwell et quant à la concentration de ses clients", a réagi l'analyste Jacob Bourne.
Les grands acteurs de l'IA générative que sont Microsoft, Google, Amazon Meta ou OpenAI utilisent déjà des centaines de milliers de puces GPU et constituent ainsi une part importante de la demande pour Nvidia. Quid si ces derniers arrivent un jour à se passer de Nvidia?

