Ces lieux touristiques incontournables en Belgique: à Durbuy, "la saison estivale durera deux mois au lieu d'un"
À La Libre, nous avons décidé d'aller prendre la température de cinq lieux touristiques. De parler de la reprise avec les acteurs du secteur. Et de donner à tous envie de bouger dans cette terre de vacances réinventée qu'est la Belgique ! Premier volet ce samedi, à Durbuy. Lundi, pour le second chapitre, nous vous emmènerons lundi à Knokke.
- Publié le 18-07-2020 à 06h00
- Mis à jour le 27-07-2020 à 13h29

Je serai de ces personnes qui restent au pays, pour la première fois depuis des années", confiait début juillet, le sourire aux lèvres, Jean-Christophe Parent, le directeur de Walibi Belgium. Et il est loin d'être le seul dans ce cas. Du projet de randonnée cycliste du nord au sud du territoire, à la (re) découverte des villes flamandes, en passant par le gîte de charme à un jet de pierre de Spa, on en entend des projets belgo-belges pour ces vacances qui ne s'annoncent définitivement pas comme les autres, coronavirus oblige. Les sondages et enquêtes dévoilés en juin l'attestent. Selon Touring, 27 % des Belges veulent rester en Belgique. Le Travel Intentions Report publié par le Fonds de Garantie Voyages, en collaboration avec l'ABTO (Association belge des tour-opérateurs) parle, lui, de 14 % des Belges qui comptent passer leurs vacances en Belgique, contre 10 % avant la crise. Le "voyager" local a le vent en poupe…
Plans d'urgence et campagnes de promotion
De leur côté, les autorités ont mis le turbo pour ranimer la flamme touristique après un printemps forcément perdu pour les acteurs du secteur. En Wallonie, les pertes de chiffre d'affaires étaient évaluées à 82 millions d'euros en mars, et à 89 un mois plus tard. À Bruxelles, "pour le seul mois de juin, la perte du chiffre d'affaires pour le secteur touristique (loisir et affaires) était de l'ordre de 93 %", indique Patrick Bontinck, CEO de Visit. Brussels.
Des plans d'urgence ont donc été élaborés pour relancer la machine. À la clé, 10 millions d'euros à destination des opérateurs touristiques à Bruxelles. Et 6,5 millions en Wallonie. En outre, Wallonie Belgique Tourisme (WBT), en même temps qu'un nouveau site visitwallonia.be, a lancé Changer d'air, une campagne de promotion (affichage, réseaux sociaux, "carte postale vidéo" en télévision) développée en Belgique ainsi qu'à l'étranger. Signée Destination Wallonie, tout pour s'évader, la campagne vise à rappeler aux Belges l'intérêt touristique de leur propre pays.
À Bruxelles où le tourisme compte pour 10 % de l'économie locale et les Belges pour 20 % des touristes, "notre campagne sur le thème No Brussels without us, invite les gens à redécouvrir la capitale avec, au centre, les Bruxellois et leur diversité, précise Patrick Bontick. Bruxelles est la deuxième ville la plus cosmopolite au monde, la première en Europe. Elle est parfois mieux connue à l'international que par les Belges eux-mêmes. Nous avons donc fort communiqué vers la Flandre et la Wallonie. Mais aussi vers les régions limitrophes : nord de la France, Pays-Bas et une partie des régions limitrophes allemandes." Il pointe aussi une action concrète : "La Brussels Card de 48 h pour 20 euros qui donne accès à 44 musées bruxellois. Une manière d'attirer les gens à Bruxelles et d'y soutenir la culture."
Baromètre d'affluence à la Côte
Pour sa part, Westtoer, le super syndicat d'initiative de la Flandre occidentale et donc des stations balnéaires, a décidé de répartir ses campagnes publicitaires entre l'été et l'automne. Parce que "la Côte est une destination quatre saisons", convient Stefaan Gheysen, son directeur général, mais aussi parce que "l'objectif, cette année, est d'étendre la saison". C'est qu'il faut récupérer une partie des pertes du printemps (750 millions d'euros pour la province, soit 20 % des 3,7 milliards de rentrées habituelles). Et, surtout, empêcher que les touristes se concentrent en masse, sur juillet et août. "On n'a pas peur d'un rush, mais on s'y est préparé", dit-il. Avec tout un arsenal d'outils : capteurs de données, compteurs de passages, perspectives d'affluence, webcams, etc., à retrouver sur le site www.lelittoral.be, mais aussi sur les panneaux des autoroutes et ceux de la SNCB. "Soixante zones sont analysées, réactualisées toutes les 10 minutes. Selon l'affluence, les teintes passent du vert au jaune ou à l'orange." Pas au rouge, signe que la Côte n'est pas interdite.

À Durbuy, "la saison estivale durera deux mois au lieu d'un"
"Ce début d'été est exceptionnel, se réjouit d'emblée Pablo Docquier, échevin du Tourisme de Durbuy. Les touristes sont présents et en semaine, nous battons des records d'affluence." "Le tourisme a repris depuis fin juin, avec beaucoup de Hollandais, comme les étés précédents, mais aussi davantage de Belges que d'habitude", ajoute-t-on au syndicat d'initiative de Durbuy Vieille ville. Dont beaucoup de Flamands. De son côté, Frédéric Cardinael qui chapeaute avec sa famille les hôtels Victoria et Le Vieux Durbuy, le Guest House et deux restaurants, tout en notant aussi une présence plus marquée des Belges cet été, constate au vu des réservations qui s'enchaînent : "Généralement, notre saison estivale débute vers le 20 juillet et dure jusqu'au 20 août. Cette fois, elle durera vraiment deux mois au lieu d'un." L'hôtelier pointe aussi une autre tendance : "D'habitude, nos clients séjournent une nuit. Deux nuits, c'est déjà un long séjour. Cette fois, ils réservent plutôt pour 2, 3, voire 4 nuits. On voit que ce sont des gens qui ont décidé de faire des city-trips en Belgique. Et ils sont au rendez-vous au restaurant." "On est très content du taux de remplissage en cette période post-Covid" au Sanglier des Ardennes aussi. L'hôtel phare de l'endroit a été racheté à la famille Cardinael par Marc Coucke, alias l'"homme de Durbuy". L'ex-patron d'Omega Pharma y a en effet également acquis La Petite Merveille (classes vertes et camps de vacances), mais aussi Durbuy Adventure devenu Adventure Valley (parc aventure, kayaks, etc.), deux golfs, une vingtaine de gîtes, etc.
Pas de Japonais mais un "Monsieur Balade"
En cette première quinzaine de juillet, la ville, haut lieu touristique par excellence, respire un brin après plus de deux mois à l'arrêt. "Le manque à gagner a été total", avoue Pablo Docquier. Logique. Aujourd'hui, au pied du château et alentour, les terrasses de la pimpante cité sont pleines ou presque. Le minigolf au bord de l'Ourthe et les kayaks aussi. Certes, l'endroit, vu la crise sanitaire, ne peut plus compter sur ses touristes lointains, comme les Japonais qui, au cours de leur "tour de Belgique" déboulent à Bruxelles, Bruges et… Durbuy. Mais la ville table d'abord sur les Belges et Néerlandais, des valeurs sûres, tout en voulant renforcer ses liens avec la clientèle allemande.
Au syndicat d'initiative, "les demandes des visiteurs concernent d'abord les balades et les attractions, comme le Parc des Topiaires, Adventure Valley ou le petit train touristique". Les locations de vélos ont aussi le vent en poupe. "C'est simple, les vélos électriques sont toujours partis. Et notre terrain dédié aux motorhomes est quasi toujours complet."
Il faut dire que celle qui s'affiche comme "la plus petite ville du monde" a mis le paquet sur le tourisme vert, en diminuant le budget consacré aux relations extérieures pour engager un "Monsieur Balade". Celui-ci a depuis passé en revue les balades pédestres et VTT balisées. Durbuy a aussi renforcé sa visibilité : la ville a mis à jour son site www.durbuytourisme.be, diffuse une capsule vidéo en quatre langues réalisée à destination de Facebook et d'Instagram pour toucher l'ensemble du territoire "car on savait que les Belges privilégieraient la Belgique", souligne-t-on au bureau de tourisme. "Elle rencontre un grand succès", se réjouit Pablo Docquier.
Et puis Durbuy, c'est un peu… le Club Med cet été. Outre le glamping d'Adventure Valley (avec, parmi d'autres, quelques formats tout confort avec vue imprenable sur la vallée), deux villages de tentes ont été dressés sur les hauteurs. Par Connections sur un ancien terrain de camping. Et par La Petite Merveille et Adventure Valley en partenariat avec DreamVille, pour la partie camping de luxe de Tomorrowland… qui n'a pas lieu, sur les greens de l'ancien golf de Durbuy, propriété de l'investisseur flamand. Bienvenue à Durbuy en mode glamping !
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