Comment la crise économique de 2008 a influencé le choix du nom du plus haut gratte-ciel du monde
La prouesse architecturale de la Burj Khalifa, la plus grande structure humaine jamais construite, témoigne de l'appel du "toujours plus" de Dubaï.

- Publié le 30-10-2023 à 13h58
- Mis à jour le 30-10-2023 à 17h36

Eco$tory | Dubaï, la ville des superlatifs et de la démesure, se dresse comme une oasis de luxe au cœur du désert aride. Implantée le long de la côte du golfe Persique, cette métropole a acquis une renommée mondiale pour son audace architecturale, mais aussi ses extravagances. Au milieu des dunes de sable, Dubaï s'est métamorphosée en une cité futuriste, abritant des jungles artificielles, des plages dorées, d'immenses patinoires de taille olympique et bien plus encore. Parmi toutes ces innovations se dresse la Burj Khalifa, le plus grand gratte-ciel du monde. Cet édifice, haut de 828 mètres, dépasse de loin son prédécesseur. En effet, cette tour dépasse de plus de 300 mètres le Taipei 101 à Taïwan, qui détenait le titre de plus haut bâtiment jusqu'en 2010, avant que la Burj Khalifa ne soit inaugurée.
Au cœur du Manhattan des Émirats arabes unis
Bien que non désignée officiellement comme la capitale des Émirats arabes unis, Dubaï a incontestablement acquis une notoriété mondiale en tant que ville la plus emblématique de cette fédération. Cette réputation est en grande partie le fruit de la mise en lumière de projets touristiques exceptionnels comme le projet "Palm Islands", ces presqu'îles et archipels artificiels prenant la forme de palmiers, ou encore 'The World', une réalisation insolite reproduisant la carte du monde en un archipel artificiel.

Dans cette mouvance du toujours plus grand pour plus de visibilité, l'une des deux grandes sociétés immobilières de la ville, Emaar Properties, lance l'idée en février 2003 de construire le plus haut édifice du monde. Une chimère qui devient rapidement concrète puisqu'un an plus tard, la construction débute dans le "Downtown Dubaï", le Manhattan des Émirats arabes unis.
L'investissement est également imposant puisqu'il a fallu débourser pas moins de 1,5 milliard de dollars.
Le projet, de par son ambition, se traduit rapidement par des chiffres fous : plus de 12 000 travailleurs internationaux sur place quotidiennement pour un total de 22 millions d'heures de travail, étalée sur six années. L'investissement est également imposant puisqu'il a fallu débourser pas moins de 1,5 milliard de dollars.
Chaleur et crise extrême
L'édification de la Burj Khalifa n'a pas été exempte de difficultés. Les conditions de construction étaient tout sauf ordinaires en raison de la vertigineuse hauteur de la tour et des températures extrêmement élevées à Dubaï pendant les mois d'été. Celles-ci ont contraint les constructeurs, dont le groupe belge Besix qui a participé aux travaux en tant que co-entrepreneur à hauteur de 30 %, à couler une grande partie du béton de nuit, lorsque le thermomètre marquait des degrés moins élevés. De surcroît, en raison de la pression hydraulique considérable à la base du bâtiment, une pompe spécialement conçue a été employée pour acheminer l'eau jusqu'aux étages supérieurs.
Mais ce n'est pas la seule difficulté qu'a connue la construction du gratte-ciel, qui aurait pu être abandonné sans l'aide précieuse d'un des émirats voisins. En effet, la crise financière de 2008 a fait des ravages aux quatre coins du monde, et Dubaï était loin de faire partie des exceptions. Au bord de la banqueroute, de nombreux projets étaient mis en suspens dans la ville-émirat. Afin d'éviter un désastre financier, Abou Dhabi vient à la rescousse, avec une aide à hauteur de 10 milliards de dollars. Un renfort qui pousse le promoteur à rebaptiser le gratte-ciel. Initialement appelé "Burj Dubaï", il a finalement été renommé "Burj Khalifa", en reconnaissance envers le cheikh Khalifa bin Zayed Al Nahyan, président des Émirats arabes unis et dirigeant d'Abou Dhabi, dont la fortune était estimée à plus de 18 milliards d'euros avant son décès en 2022.

Des records… bientôt dépassés ?
En plus de sa hauteur impressionnante, la Burj Khalifa détient le titre convoité du plus haut gratte-ciel du monde, n'offrant pas moins de 163 étages habitables. Mais les records ne s'arrêtent pas là. Ses ascenseurs sont parmi les plus rapides du globe, atteignant une vitesse ahurissante de 10 mètres par seconde (soit environ 36 km/h), et il abrite l'observatoire le plus élevé au monde, situé au 148e étage, offrant des vues panoramiques sur la ville.
En parcourant ses niveaux vertigineux, on découvre également la piscine la plus haute du monde au 76e étage, le restaurant le plus haut au 122e étage, mais aussi l'occupation résidentielle la plus haute, offrant des appartements luxueux jusqu'au 163e étage. Ajoutez à cela le plus haut niveau de piscines, de terrasses extérieures et d'étages de bureau.
Cependant, l'ère des records absolus est peut-être sur le point de changer avec l'arrivée nébuleuse de la "Jeddah Tower" en Arabie saoudite. Prévue pour être achevée d'ici 2027/2029, cette tour phénoménale dépasserait le kilomètre de hauteur, un exploit inédit dans l'histoire de la construction. La "Jeddah Tower" se profile ainsi comme un sérieux concurrent de la Burj Khalifa, annonçant une potentielle nouvelle ère de gratte-ciels aux dimensions encore plus monumentales.