Utilisation de l'intelligence artificielle à l'université : avancée académique ou outil à proscrire ?

L'intelligence artificielle est-elle conciliable aux exigences et valeurs de l'enseignement supérieur ? Est-il légitime d'utiliser cet outil dans le milieu universitaire ?

FILE - The OpenAI logo is seen on a mobile phone in front of a computer screen which displays output from ChatGPT, Tuesday, March 21, 2023, in Boston. British Prime Minister Rishi Sunak will host a two-day summit focused on frontier AI. It's reportedly expected to be draw a group of about 100 officials from 28 countries, including U.S. Vice President Kamala Harris and executives from key U.S. artificial intelligence companies including OpenAI, Google's DeepMind and Anthropic.  (AP Photo/Michael Dwyer, File)
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Une contribution d'Anaë Lejeune, membre de l'Etincelle, un kot-à-projet néo-louvaniste centré sur le journalisme dont La Libre Etudiant est partenaire.

Alors que certains l'envisagent comme une avancée technologique prometteuse et porteuse de nouvelles possibilités, d'autres voient l'arrivée de l'intelligence artificielle sur les bancs des universités d'un mauvais œil, conscients des implications éthiques que son utilisation peut soulever dans le cadre académique. L'intelligence artificielle est-elle conciliable aux exigences et valeurs de l'enseignement supérieur ? Est-il légitime d'utiliser cet outil dans le milieu universitaire ?

L'IA, nouvelle étudiante des universités belges

Bien qu'il s'agisse d'un débat clivant, on observe que les universités belges, alors qu'elles rejetaient au départ l'utilisation de cette technologie, semblent désormais prêtes à intégrer ce nouvel outil à leurs pratiques d'enseignement. Il s'agit là d'un réel changement de mentalité puisque la réaction première était souvent d'interdire tout bonnement son utilisation aux étudiants. Cette réaction pouvait notamment s'expliquer par le fait qu'à l'arrivée retentissante de l'IA dans le milieu universitaire, son utilisation par les étudiants a souvent été assimilée à de la tricherie, notamment par un recours de plus en plus fréquent à ChatGPT. Distinguer les usages légitimes de cet outil peut en effet s'avérer bien complexe, davantage encore à l'époque où, aux prémices de cette technologie, les implications de ce nouvel outil étaient encore très floues.

Les universités semblent pourtant, être disposées désormais à ouvrir leurs portes à cette nouvelle technologie en encadrant strictement son utilisation. Ainsi, les universités belges ont progressivement encouragé les autorités académiques à prendre en compte cette nouvelle donnée qui s'est invitée par la force des choses dans le milieu universitaire ; en apprenant aux étudiants et aux professeurs à utiliser l'intelligence artificielle par le biais notamment de formations mais aussi en développant des règlements et politiques d'utilisation de l'IA au sein de leurs établissements.

De nouvelles possibilités

Pour les étudiants comme les professeurs, l'IA générative permettrait de contribuer à améliorer l'enseignement et faciliter grandement la réalisation de certaines tâches chronophages et complexes. Dans ces nombreuses fonctionnalités, elle facilite la correction, la traduction et la recherche d'informations et peut également contribuer à créer de nouveaux supports pédagogiques davantage personnalisés et améliorer ceux existants. Bien évidemment, ces outils ne remplacent pas la pensée critique humaine mais utilisés intelligemment, ils permettent d'alléger certaines tâches et ainsi de réinvestir ce gain de temps dans l'enseignement et la recherche.

Vers une utilisation responsable

En parcourant les politiques liées à l'utilisation de l'intelligence artificielle des différentes universités belges, on peut dégager un discours commun prônant une utilisation responsable et règlementée de ces nouveaux outils. Une utilisation tolérée mais moyennant une certaine transparence méthodologique attendue des étudiants. L'accent est mis sur l'importance de vérifier le contenu généré, passant par un référencement rigoureux de ses sources et une utilisation conforme aux pratiques de l'intégrité académique et scientifique. Une réflexion sur la place de l'IA dans la rédaction des travaux occupe également une place importante dans le débat, notamment en ce qui concerne la rédaction du mémoire de fin d'études.

Une technologie imparfaite

L'utilisation de l'IA a tout de même ses limites ce dont les universités ont bien conscience. En effet, le contenu généré n'est pas toujours d'une grande qualité et pertinent. C'est la raison pour laquelle les règlementations des universités insistent sur la nécessité pour l'étudiant de vérifier l'information et de faire preuve d'esprit critique. Face à ces outils intelligents, la tentation de ne plus réfléchir par soi-même est en effet parfois grande quand la réponse à toutes nos questions est à portée de quelques clics. L'avènement d'un usage règlementé de l'IA pose également question en termes d'évaluation, face à ce nouvel outil, il est nécessaire pour les professeurs de revoir certaines méthodes d'évaluation en délaissant les questions de pure restitution et en privilégiant les questions de réflexion.

Vers l'enseignement de demain

Dans notre société hyperconnectée, un grand intérêt est porté à ces avancées technologiques porteuses de nouvelles possibilités, dont l'utilisation pourrait potentiellement améliorer ou du moins faciliter notre quotidien dans un spectre très large de domaines. Il est certain que les étudiants sont les premiers concernés par ces changements puisqu'ils sont les acteurs de demain et vivront dans un monde sans doute davantage connecté encore.

Il n'aurait dès lors pas lieu d'interdire l'utilisation de l'IA puisque cet outil existe et qu'il s'est déjà fait une place dans le milieu académique. L'enjeu majeur est plutôt d'apprendre à utiliser cette technologie intelligemment et la faire cohabiter avec les pratiques de l'enseignement supérieur traditionnel, tel est d'ailleurs le discours de la majorité des universités belges actuellement. Même s'il ne faut négliger les enjeux éthiques et sociaux accompagnant cette transition vers un enseignement supérieur 2.0, les nouvelles possibilités offertes par l'IA semblent effectivement pouvoir contribuer à améliorer l'enseignement actuel. En fin de compte, l'IA ne serait-elle pas aussi une étudiante prometteuse dont les résultats ne sont pas encore clairs à l'approche des examens ?

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