Une étudiante pensait gagner facilement 200€ mais se retrouve au tribunal: "Je ne suis pas bête, je me doutais qu'il y avait une petite magouille"
Une des victimes s'est fait soutirer 25.000 euros par des escrocs, elle réclame 3.125 euros à la jeune fille.
- Publié le 23-02-2024 à 08h49
- Mis à jour le 23-02-2024 à 11h50

Une jeune étudiante Liégeoise pourrait bénéficier d'une peine de travail devant le tribunal correctionnel de Liège devant lequel elle doit répondre d'une prévention particulièrement grave de blanchiment d'argent.
En effet, cette dernière, dont les fins de mois sont difficiles, a cru gagner facilement deux cents euros. Au lieu de ça, elle s'est fait bannir de sa banque et s'est attiré de gros ennuis judiciaires. De plus, elle risque de se faire condamner à rembourser plus de dix fois la somme qu'elle a gagnée… C'est une petite étudiante comme on en croise tant dans les rues de Liège qui s'est retrouvée convoquée devant le tribunal correctionnel de Liège. Une jeune sans histoire. Inconnue de la justice.
Un jour, elle a pris une décision qu'elle doit bien amèrement regretter aujourd'hui. Elle perçoit 1 200 euros par mois et elle débourse mensuellement 800 euros. Ses fins de mois sont donc des plus difficiles. Quand on lui a proposé de se faire facilement 200 euros, elle n'a pas réfléchi. Elle aurait été bien avisée de le faire.
"Je ne suis pas bête, je me doutais qu'il y avait une petite magouille"
C'est un homme qu'elle avait rencontré lors de sorties nocturnes qui lui a proposé de laisser son compte en banque à disposition pour permettre que des sommes d'argent y transitent. Elle devait donner sa carte et son code secret. Elle n'avait plus qu'à activer card stop. Mais les choses ne se sont pas du tout passées comme elle le croyait. "Je ne suis pas bête, je me doutais qu'il y avait une petite magouille", a timidement expliqué la jeune fille devant la juge.
"J'étais bannie de la banque !"
Le 14 décembre 2020, 4.933,19 euros ont été déposés sur son compte. Le lendemain, ce sont 2.500 euros qui sont arrivés. L'argent a directement été retiré à Anvers. "On m'a dit qu'il n'y avait rien de super grave et que je n'aurais aucun ennui. J'habitais seule depuis quelques mois. Je me suis dit, 200 euros en plus, ça va m'aider." Une aide de très courte durée. "On m'a dit de supprimer l'application bancaire sur mon téléphone. J'ai appelé card stop. Mais ensuite, je ne recevais pas de nouvelle carte de la banque. J'ai appelé et j'ai appris que j'étais bannie de la banque ! Je ne me doutais pas que c'était à ce point-là. Les sommes sont importantes."
Ainsi, un homme s'est fait soutirer 25.000 euros ! Il réclame un total de 3.125 euros à l'étudiante. "Je lui aurais remboursé de bon cœur, mais je n'ai pas les moyens. Je ne suis pas la personne principale qui a commis les faits."
Le parquet avait proposé une médiation pénale assortie d'une peine de travail, mais la suspecte n'a pas répondu. "J'ai téléphoné pour changer le rendez-vous puis j'ai oublié. J'étais en plein déménagement." Étant donné son absence d'antécédent, le parquet ne s'est pas opposé à une peine de travail. La jeune fille, qui se défendait seule, a demandé à bénéficier de la même mesure.