"Inaugurer une vraie vie démocratique"

"Inaugurer une vraie vie démocratique" : l'objectif poursuivi par l'actuel premier ministre marocain, Abderrahmane el Youssoufi, est tout entier dans cette promesse, prononcée lors d'une interview à la veille des élections législatives au Maroc. Celles-ci reconduiront-elles l'actuelle coalition gouvernementale entre les socialistes de Youssoufi et les nationalistes ? Réponse ce 27 septembre.

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"Inaugurer une vraie vie démocratique"
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Les élections législatives prévues vendredi au Maroc permettront d'"inaugurer une vraie vie démocratique", déclare dans une interview à Reuters le Premier ministre socialiste marocain Abderrahmane el Youssoufi, à la veille d'un scrutin qui doit être, à en croire le gouvernement et le palais, le plus transparent depuis l'indépendance du royaume chérifien en 1956. A l'âge de 78 ans, Youssoufi joue ainsi sa réputation politique à l'occasion des premières législatives organisées sous le règne du jeune Mohammed VI. Ce vote sera également un véritable test pour le monarque, qui a multiplié les gestes en faveur d'une démocratisation du pays depuis son accession au trône.

Certes, en appellant le mois dernier les autorités à faire respecter la transparence du scrutin, Mohammed VI n'a rien fait qui n'ait déjà été tenté par son père, feu Hassan II. La nouveauté, estiment diplomates et analystes politiques, réside cette fois dans un élément simple: le roi semble penser ce qu'il dit.

Les responsables coupables de manipulations ou de fraude ont d'ailleurs été sanctionnés, fait valoir Youssoufi, saluant "l'intervention répétée de sa Majesté, volontaire". "Le message est clair: c'est la meilleure garantie."

LA FIN DES TRUCAGES?

Les partis d'opposition et les mouvements de défense des droits de l'Homme ont dénoncé par le passé des scrutins parlementaires jugés truqués, accusant le ministère de l'Intérieur de manipuler les résultats pour favoriser les formations proches du pouvoir.

Ancien opposant à la France, ex-puissance coloniale, puis au roi Hassan, Youssoufi confirme: "Les Marocains ont été déçus par toutes les échéances passées. Notre objectif est d'organiser de vraies élections, pas sujettes à critiques."

Le nouveau mode de scrutin devrait, selon lui, rendre cet objectif réalisable. "Il faut tourner la page lamentable du précédent mode de scrutin qui favorisait toutes les manipulations. Le scrutin de liste met en vedette l'institution du parti, non les individus qui ont trop régné", plaide-t-il.

LES SOCIALISTES MAITRES DE LA COALITION

Youssoufi est devenu, en mars 1998, le premier dirigeant de l'opposition a accéder à la tête d'un gouvernement marocain. Son ancien adversaire Hassan II a en effet choisi ce socialiste pour mettre en musique la partition de l'alternance qu'il a décidé de privilégier après quarante ans d'un pouvoir sans partage par les formations conservatrices.

En 1997, en décrochant 57 sièges sur les 325 que compte la chambre basse du parlement aux dernières élections législatives, l'Union socialiste des forces populaires (USFP, centre-gauche) de Youssoufi était en effet devenue la première force d'une coalition majoritaire de sept partis.

Le Premier ministre refuse aujourd'hui de faire un pronostic sur l'issue du scrutin de vendredi, pour lequel 5.865 candidats, représentant 26 partis, sont en lice. Tout juste espère-t-il que le paysage politique sera à l'avenir "moins éclaté", grâce à une disparition progressive des "petits partis" - seize formations sont représentées dans le parlement sortant. "Ca m'intéresse de savoir le poids de mon parti. Je serai content quel que soit le résultat (...). Si on est moins fort qu'on croyait c'est utile (à savoir)", dit-il.

Une fois le scrutin passé, Youssoufi songe à se retirer de la scène politique, et ne briguera pas un nouveau mandat à la tête de l'USFP, qu'il dirige depuis 1992, lors du congrès de l'an prochain. Et si Mohammed VI lui demandait de reprendre les rênes du gouvernement? "C'est suffisant, tranche-t-il, il vaut mieux des visages nouveaux."


Pour rappel Quelque 14 millions de Marocains sont appelés aux urnes pour élire les 325 députés de la Chambre des représentants, choisis parmi les candidats de 26 partis politiques en lice. Cette élection, la première organisée sous le règne du roi Mohammed VI, constitue aussi un étape majeure pour le nouveau souverain, intronisé en juillet 1999. Il s'est engagé solennellement à assurer un scrutin "honnête et transparent" dont il veut faire un témoignage de la démocratisation du royaume. Selon un sondage publié à Rabat, le Parti de la Justice et du Développement (PJD, le seul parti islmaiste en lice), recueillerait entre 8 et 9 pc des intentions de vote, en troisième position, mais loin derrière les deux grands partis de l'actuelle coalition gouvernementale, l'Union socialiste des forces populaires (USFP) du premier ministre Abderrahmane Youssoufi et l'Istiqlal (nationaliste), crédités chacun d'un peu plus de 20 pc des voix.

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