Morsi dénonce depuis Téhéran le régime "oppressif" en Syrie
Les dirigeants iraniens sont oppposés à tout changement de régime dans le cadre d'un règlement de la crise, contrairement à l'Egypte. Les Syriens ont quitté le sommet Non-Alignés lors du discours critique de Morsi.
- Publié le 04-06-2012 à 04h15
- Mis à jour le 30-08-2012 à 12h48

Le président égyptien Mohamed Morsi a dénoncé jeudi "le régime oppressif" en Syrie lors d'un discours devant le sommet des pays membres du mouvement Non-Alignés à Téhéran, principal allié de Damas. "La révolution en Egypte était un pilier du printemps arabe, elle a commencé quelques jours après la Tunisie, a été suivie par la Libye et le Yémen et aujourd'hui la révolution en Syrie (vise) le régime oppressif" de ce pays, a déclaré M. Morsi.
L'Iran est le principal allié régional du régime du président Bachar al-Assad, qu'il soutient inconditionnellement depuis le début de l'insurrection populaire en Syrie en mars 2011.
Les dirigeants iraniens sont oppposés à tout changement de régime dans le cadre d'un règlement de la crise, contrairement à l'Egypte. "L'Egypte est prête à travailler avec toutes les parties pour faire que le sang s'arrête de couler", a toutefois ajouté le président égyptien.
Le conflit syrien a donné à M. Morsi une occasion de tendre la main à Téhéran, après 32 ans de brouille entre les deux pays, en proposant à la mi-août l'idée d'un comité régional quadripartite comprenant l'Egypte, l'Iran, l'Arabie saoudite et la Turquie pour chercher une solution à la crise syrienne. Cette initiative a été bien accueillie par Téhéran qui cherche à participer à un règlement du conflit en dépit de l'hostilité des Etats-Unis et de l'opposition syrienne jugeant que l'Iran est discrédité par son soutien inconditionnel à Damas.
Damas accuse le président égyptien d'"inciter" aux violences en Syrie
Le chef de la diplomatie syrienne Walid Mouallem a accusé jeudi le président égyptien Mohamed Morsi d'inciter à la "poursuite du bain de sang en Syrie" après que ce dernier eut dénoncé le "régime oppressif" syrien lors du sommet des Non-Alignés à Téhéran. "La délégation syrienne a quitté la salle pour protester contre le contenu du discours de Morsi qui (...) est une ingérence dans les affaires intérieures syriennes et (...) une incitation à la poursuite du bain de sang en Syrie", a affirmé M. Mouallem qui faisait partie de la délégation syrienne, cité par la télévision d'Etat syrienne.
