La trêve vole en éclats dans plusieurs régions de Syrie
La trêve proposée avait été acceptée en honneur de la fête musulmane d'Al-Adha. La violence a cependant pris le dessus. La journée a aussi été très meurtrière en Afghanistan.
- Publié le 26-10-2012 à 14h50

La trêve, initiée par l'émissaire international Lakhdar Brahimi à l'occasion de l'Aïd al-Adha, a volé vendredi en éclats dans plusieurs régions de Syrie, a affirmé le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).
"La trêve a volé en éclats dans plusieurs régions de la Syrie mais il y a malgré tout moins de violences et moins de victimes que d'ordinaire", a déclaré à l'AFP Rami Abdel Rahmane.
Au moins cinq personnes ont été tuées: trois à Harasta et une à Erbine dans la grande banlieue de Damas, ainsi qu'une à Khaldiyé, un des quartiers rebelles encerclés de Homs, dans le centre du pays, selon la même source.
Une vidéo, mise en ligne par des militants à Homs, montre de la fumée noire qui s'élève après la chute de cinq obus et des voix crient "Allah Akbar". "Homs est en train d'être détruite au premier jour de l'Aïd", entend-on également sur l'enregistrement.
Selon l'OSDH, des combats ont lieu à Assali, un quartier du sud de Damas et à Sayeda Zeinab, à la périphérie de la capitale. En outre, une voiture piégée a explosé dans le quartier de Tadamoun sans faire de victime, a assuré cette organisation.
Un habitant du camp palestinien de Yarmouk, dans le sud de Damas, a affirmé avoir entendu des tirs à l'extérieur du camp, sans toutefois être en mesure de déterminer l'origine des tirs. "Il n'y a personne dans les rues de Yarmouk, chacun est terré chez lui", a-t-il ajouté, sous le couvert de l'anonymat.
Autour de la capitale, les routes reliant les banlieues à Damas étaient coupées et seul les militaires étaient autorisés à passer, a affirmé un chauffeur de taxi.
Des accrochages avaient également lieu à Tall Kalakh, près de la frontière avec le Liban, et des combats opposaient rebelles et soldats autour de la base militaire de Wadi Deif, dans la périphérie de Maaret al-Noomane (nord-ouest).
Ces violences interviennent aux premières heures d'une trêve proposée aux belligérants par M. Brahimi et prévue pour durer les quatre jours de célébration de la fête musulmane d'Al-Adha.
Afghanistan: au moins 42 morts dans un attentat suicide lors de l'Aïd al-Adha
La fête musulmane du sacrifice, l'Aïd al-Adha, a été assombrie vendredi par un attentat suicide qui a fait au moins 42 morts dans une mosquée du nord de l'Afghanistan, une région jadis paisible aujourd'hui infiltrée par les talibans. Il s'agit de l'attentat le plus meurtrier en Afghanistan depuis celui contre une procession chiite lors de la fête de l'Achoura en décembre dernier.
Un kamikaze s'est fait exploser à la fin de la prière à la mosquée Eid Gah à Maymana, capitale de la province de Faryab (nord), tuant au moins 42 personnes, a dit à l'AFP le vice-gouverneur local Abdul Satar Barez, précisant que ce bilan pourrait encore s'alourdir.
Selon ce responsable, qui était à la mosquée lors de l'attentat, 20 membres des forces de sécurité afghanes - des policiers, des soldats et agents du renseignement - et 22 civils, incluant au moins cinq enfants, ont péri.
Un membre du parlement originaire de Faryab, Naqeebullah Fayeq, qui était aussi à la mosquée au moment de l'explosion, a, quant à lui, fait état de 47 morts. Une cinquantaine de personnes ont aussi été blessées dont le chef de la police provinciale, Abdul Khaliq Aqsai, selon des responsables.
De nombreux dignitaires du gouvernement assistaient à la prière dans la mosquée qui était bondée pour le premier des quatre jours de fêtes de l'Aïd al-Adha, célébré à travers le monde musulman.
"Nous venions juste de terminer la prière de l'Aïd al-Adha, nous étions en train de nous saluer, de nous étreindre les uns les autres lorsqu'il y a eu une grosse explosion, très puissante", a ajouté M. Barez.
"Il y avait des parties de corps humains partout", a souligné Sayed Moqeed, un témoin. "Le kamikaze portait un uniforme de police et avait l'air d'avoir 14 ou 15 ans", a-t-il dit à l'AFP.
Le président afghan Hamid Karzaï a fermement condamné cet attentat. "Ceux qui endeuillent les musulmans durant la fête de l'Aïd ne peuvent être considérés comme des humains et des musulmans", a-t-il dit dans un communiqué.
Cette attaque prouve que "les insurgés manquent de respect envers la religion, la foi et sont indifférents à la sûreté du peuple afghan", selon l'ambassade américaine à Kaboul.
L'attaque n'a pas été immédiatement revendiquée, mais des attentats de ce type sont régulièrement perpétrés par les insurgés talibans qui veulent déloger du pouvoir le gouvernement du président Hamid Karzaï soutenu par les Occidentaux.
Cet attentat intervient après des affrontements sanglants plus tôt cette semaine entre les forces de sécurité afghanes et les talibans dans cette province jadis paisible.
Les responsables afghans ont affirmé avoir tué 25 talibans, dont le mollah Yaar Mohammad, un commandant considéré comme le "gouverneur fantôme" de Faryab, lors de combats dans un marché local. Cinq policiers afghans ont aussi péri dans ces affrontements.
Les insurgés talibans disposent de "gouverneur fantôme" dans les provinces du pays dont le but est de créer une autorité parallèle au pouvoir civil afghan en percevant des impôts et en imposant une forme radicale de loi islamique à la population.
L'Otan compte actuellement un peu plus de 100.000 soldats en Afghanistan et se prépare à mettre un terme dans deux ans à sa mission de combat. Après 2014, les forces de sécurité afghanes assureront seules la protection du territoire.
Un nombre croissant d'analystes pronostiquent toutefois une reprise du pouvoir à Kaboul par les talibans après la mission de combat des soldats de l'Otan entamée en 2001.
Les insurgés talibans concentraient traditionnellement leurs actions dans le sud et l'est de l'Afghanistan, mais ont réussi au cours des dernières années à infiltrer des secteurs plus au nord et à y intensifier leurs attaques.
L'explosion d'une bombe artisanale en bordure d'une route avait tué 19 personnes se rendant à un mariage la semaine dernière dans la province de Balkh (nord), d'après les autorités afghanes.
Selon l'ONU, plus de 1.145 civils ont perdu la vie en raison du conflit en Afghanistan depuis le début de l'année, dont 80% lors d'attentats perpétrés par les insurgés et la moitié par l'explosion d'engins improvisés installés en bordure de route.
