Les Etats-Unis font un pas vers les rebelles

La Syrie et son allié russe ont dénoncé vendredi les mensonges des Etats-Unis qui avaient accusé la veille l'armée syrienne d'avoir eu recours à des armes chimiques à l'encontre des rebelles armés. Washinton avait indiqué, jeudi soir dans un communiqué, avoir acquis la certitude, "après un examen approfondi", que Damas avait notamment utilisé du "gaz sarin, à échelle réduite".

V.B.

SYRIE La Syrie et son allié russe ont dénoncé vendredi les mensonges des Etats-Unis qui avaient accusé la veille l'armée syrienne d'avoir eu recours à des armes chimiques à l'encontre des rebelles armés. Washinton avait indiqué, jeudi soir dans un communiqué, avoir acquis la certitude, "après un examen approfondi", que Damas avait notamment utilisé du "gaz sarin, à échelle réduite".

La "ligne rouge" évoquée par Barack Obama - le recours à des agents chimiques - a donc bien été franchie. Les Etats-Unis ont donc annoncé qu'ils fourniront une "assistance militaire directe", sans préciser s'il s'agissait d'armes létales. Mais d'après le "New York Times", ces livraisons coordonnées par la CIA porteront sur des petites armes et des munitions. L'envoi d'armes antichars serait aussi à l'étude mais pas les systèmes anti-aériens.

"Une réponse forte et déterminée"

"La Maison Blanche a fait publier un communiqué truffé de mensonges sur le recours aux armes chimiques en Syrie, en se basant sur des informations fabriquées à travers lesquelles elle a tenté de faire assumer au gouvernement syrien la responsabilité d'un tel usage", a déclaré un responsable des Affaires étrangères syriennes. D'après lui, la charge américaine serait une diversion suite à la publication de "rapports affirmant que les groupes terroristes armés actifs en Syrie son t en possession d'armes chimiques mortelles et de la technologie nécessaire pour leur fabrication".

Pour la Russie, ces accusations américaines sont peu convaincantes. "Quel intérêt aurait Assad à utiliser 'en quantité réduite'du gaz sarin contre les rebelles ? Pourquoi ? Pour donner un prétexte à une ingérence extérieure ? Ce n'est pas logique", a estimé Alexeï Pouchkov, le président de la commission des Affaires étrangères à la Douma (chambre basse du Parlement) sur son compte Twitter.

Les rebelles estiment que Bachar al Assad pourrait recourir plus largement aux armes chimiques si les Etats-Unis ne tiennent pas rapidement leur promesse d'aide militaire aux insurgés.

La Grande-Bretagne, qui a dit partager l'analyse américaine, a indiqué qu'elle nécessitait "une réponse forte et déterminée" à convenir avec ses alliés lors du prochain sommet du G8, en début de semaine prochaine en Ulster.

Zone d'exclusion à distance

L'Union européenne a pris bonne note de la position des Etats-Unis mais considère que leur constat rend encore "plus important le déploiement d'une mission de vérification de l'Onu en Syrie pour enquêter sur ces allégations sur le terrain".

L'Otan a adressé une demande en ce sens à Damas, exhortant les autorités syriennes à autoriser le travail d'enquête des commissaires de l'Onu concernant l'usage des armes chimiques dans le conflit. Une manière pour l'Alliance atlantique d'accentuer la pression, alors que l'option d'une zone d'exclusion aérienne refait surface.

Des responsables militaires américains ont suggéré de mettre en place une telle zone, qui s'avancerait d'environ 40 kilomètres à l'intérieur de la Syrie et couvrirait les camps d'entraînements des combattants rebelles. Celle-ci serait couverte à distance par des avions volant en Jordanie et armés de missiles air-air. Une option qui, puisqu'elle ne violerait pas l'espace aérien syrien, ne nécessiterait pas de résolution du Conseil de sécurité des Nations-unies...

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