Une marionnette accusée d'aider des poseurs de bombe en Egypte
Des responsables de Vodafone ont été convoqués par le parquet en Egypte après la plainte d'un activiste accusant l'opérateur britannique d'avoir glissé des messages codés pour planifier des attentats dans une publicité mettant en scène une marionnette.
- Publié le 02-01-2014 à 16h08
- Mis à jour le 02-01-2014 à 19h11

Des responsables de Vodafone ont été convoqués par le parquet en Egypte après la plainte d'un activiste accusant l'opérateur britannique d'avoir glissé des messages codés pour planifier des attentats dans une publicité mettant en scène une marionnette.
"Abla Fahita", la célèbre marionnette satirique, y apparaît dans un décor où trône un cactus orné de boules de Noël. Cet arbre et d'autres éléments sont des codes secrets permettant aux partisans islamistes du président destitué Mohamed Morsi de planifier des attaques, selon cet activiste controversé qui se fait appeler Ahmed "Spider".
La plainte de ce fervent partisan du président Hosni Moubarak, chassé du pouvoir début 2011 par une révolte populaire, intervient peu après plusieurs attentats dans le pays, profondément divisés entre islamistes et partisans des nouvelles autorités qui répriment dans le sang les pro-Morsi.
"Le directeur du marketing s'est présenté avec notre avocat au parquet", a indiqué à l'AFP Noha Saad, responsable de la communication de Vodafone. "Le ministère public les a entendus", mais aucune poursuite n'a été lancée dans l'immédiat, a-t-elle précisé.
"Spider", un habitué des coups d'éclats qui s'est fait connaître par des analyses souvent fantaisistes, a assuré sur la chaîne privée Tahrir que les quatre branches du cactus était une allusion claire au signe de ralliement des pro-Morsi, une main, pouce replié et quatre doigts en l'air.
Ce signe fait référence à la place Rabaa al-Adawiya --rabaa, signifie le quatrième en arabe-- où des centaines d'islamistes ont péri dans la dispersion violente de leur sit-in par la police et l'armée mi-août.
En outre, "Spider" a vu dans une boule de Noël la forme d'une "bombe", tandis que "la dinde fourrée" dont Abla Fahita parle serait le code pour désigner une voiture piégée.
Mercredi, sur la chaîne privée CBC, le jeune homme a accusé "les services secrets britanniques" d'être derrière cette affaire.
"La publicité ne contient aucun message ou signification caché (...) toute autre interprétation relève de la fiction pure", se défend Vodafone dans un communiqué.
L'opérateur se réserve le droit de saisir la justice.
