J.D. Vance à nouveau épinglé pour des propos misogynes : "Elles choisissent un chemin vers la misère"
Le colistier de Donald Trump n'a pas fini de faire parler de lui.

- Publié le 01-09-2024 à 11h04
- Mis à jour le 01-09-2024 à 11h57

J.D. Vance, nouvelle figure de proue du parti républicain depuis sa nomination comme colistier de Donald Trump, s'est érigé en défenseur des valeurs traditionnelles. Un épisode du podcast Moment of Truth, produit par American Moment (une organisation conservatrice dont Vance est membre, NdlR), datant de septembre 2021 a récemment refait surface, comme le dévoile The Guardian. Dans celui-ci, le républicain partage son avis sur le féminisme et sur l'émancipation des femmes. J.D. Vance avait déjà été pointé du doigt pour sa proposition de donner plus de voix aux personnes ayant des enfants et ses propos sur les "femmes à chats" sans enfants, dont il s'était défendu, affirmant qu'il s'agissait de "sarcasme".
Inquiet par les évolutions sociales qui touchent les États-Unis, J.D. Vance s'en prend aux femmes actives qui, selon lui, "choisissent un chemin vers la misère" lorsqu'elles privilégient leur carrière à une vie de famille. "Rechercher l'égalité raciale ou de genre est un système de valeurs qui donne un sens à leur vie… [mais] elles constatent toutes que ce système de valeurs mène à la misère et au malheur", dit-il en évoquant notamment ses anciennes camarades de la Yale Law School, dont son épouse Usha fait d'ailleurs partie. "Certaines femmes pensent que la véritable voie de la libération consiste à passer 90 heures par semaine à travailler dans un bureau chez McKinsey au lieu de fonder une famille et d'avoir des enfants. Ce dont elles ne se rendent pas compte – et je pense que certaines d'entre elles finissent par s'en rendre compte, Dieu merci – c'est que c'est en fait un chemin qui mène au malheur. Or, le chemin vers le bonheur et l'épanouissement est une chose que ces institutions disent aux gens de ne pas emprunter", poursuit-il. Pour J.D. Vance, le féminisme serait un cercle vicieux qui amènerait davantage de gens dans une vie misérable mais qui se confortent dans leur système de valeurs et incitent d'autres personnes à penser comme eux.
Le républicain a aussi partagé ses inquiétudes sur la place de l'homme au sein de la société américaine, affirmant que les hommes et les petits garçons étaient réprimés dans leur masculinité. Pour lui, cela résulte d'une suppression des traits masculins traditionnels, notamment au sein des institutions d'élite, qui seraient "profondément mal à l'aise avec la masculinité". "C'est une chose étrange dont les conservateurs ne parlent pas assez… Nous ne parlons pas assez du fait que les traits masculins traditionnels sont désormais activement supprimés depuis l'enfance jusqu'à l'âge adulte." Il ajoute que cette tendance est due à des problèmes culturels et politiques et prône un retour aux valeurs masculines traditionnelles dans l'éducation des garçons. Son argument étant que ce sont les garçons qui défendront la nation en cas d'agression. "Il y a quelque chose de profondément culturel, biologique et spirituel dans ce désir de défendre sa maison et sa famille", dit-il, prenant l'exemple de son jeune fils qui combat des monstres imaginaires. "Si les Chinois nous envahissent dans 10 ans, ils seront repoussés par des garçons qui s'entraînent à combattre les monstres et qui deviennent des hommes fiers qui défendent leurs foyers."
Pour Sophie Bjork-James, professeure adjointe à l'université Vanderbilt, "Vance représente une nouvelle articulation de la politique de droite qui fait le pont entre la droite chrétienne et un conservatisme hypermasculin influencé par la technologie". "Il s'adresse aux évangéliques en leur disant que nous trouvons le bonheur en remplissant les rôles traditionnels des hommes et des femmes, ce qui est la pierre angulaire du christianisme évangélique blanc. Il s'adresse également à une tendance misogyne qui émerge du monde de la technologie parmi les personnes qui préféreraient ne pas parler du tout de diversité. Ce qu'ils partagent, c'est l'idée que les femmes ne devraient pas avoir de travail rémunéré : elles devraient être à la maison et élever les enfants. Mais le discours public n'est pas 'nous détestons les femmes', c'est 'les femmes seront plus heureuses si elles restent à la maison'", précise-t-elle au Guardian.