Donald Trump va-t-il régler la guerre en Ukraine, comme il l'a affirmé ? "Sa relation avec Vladimir Poutine est assez surprenante"
Durant sa campagne, le Républicain a expliqué à plusieurs reprises qu'il réglerait le conflit russo-ukrainien s'il était élu, mais sans expliquer comment.

- Publié le 06-11-2024 à 11h57
- Mis à jour le 06-11-2024 à 13h34

C'est officiel, Donald Trump est désormais le 47e président des États-Unis. Les résultats n'étaient pas encore confirmés que Volodymyr Zelensky le félicitait de "sa victoire impressionnante". Sur X (ex-Twitter), le président ukrainien affirme qu'il "apprécie l'engagement du président Trump en faveur de l'approche 'la paix par la force' dans les affaires mondiales. C'est exactement le principe qui peut concrètement rapprocher une paix juste en Ukraine [et qu'il] espère que nous le mettrons en œuvre ensemble." Il dit se réjouir de "féliciter personnellement" le Républicain "et de discuter des moyens de renforcer le partenariat stratégique" entre leur deux pays.
Durant sa campagne, le nouveau président a expliqué à plusieurs reprises qu'il réglerait le conflit russo-ukrainien s'il était élu, mais sans expliquer comment. À quoi peut-on désormais attendre de son mandat au niveau du conflit en Ukraine ?
Vers une réduction de l'aide
Globalement, la politique étrangère n'a pas été très présente dans la campagne présidentielle américaine, "centrée sur les questions intérieures et les invectives. La Russie et la guerre en Ukraine ont été assez peu évoquées", estime Julien Zarifian, professeur à l'université de Poitiers, spécialiste de États-Unis, et membre de l'Institut universitaire de France. Il est donc difficile de regarder dans une boule de cristal. Selon des informations délivrées par son colistier James David Vance, Donald Trump tenterait d'imposer une paix à l'Ukraine qui prévoirait l'abandon, pour cette dernière, de la Crimée et sans doute des régions de l'est sous contrôle russe, ou au moins une partie d'entre elles. Mais tout ceci manque de précision.
Joe Biden avait annoncé le 16 octobre dernier une nouvelle aide d'un montant de 425 millions de dollars, qui s'ajoute aux 175 milliards de dollars déjà alloués depuis le début de l'invasion. Qu'en est-il pour l'avenir de cette précieuse aide ? Pour le spécialiste, "ce qui est sûr, c'est que la ligne d'une présidence Trump serait, comparée à la présidence Biden, beaucoup moins celle d'un soutien fort à l'Ukraine, soutien perçu comme coûteux, inefficace, voire stérile."
Du côté de l'Union européenne, la position quant au soutien à la défense ukrainienne n'a pas changé. "Nous nous occupons de faits et pas de déclarations. Nous sommes convaincus que les États-Unis, comme nous, ont un intérêt clé à avoir une Ukraine forte et souveraine. Nous allons continuer à mettre en œuvre nos politiques [...] pour une paix stable et juste en Ukraine", assure Eric Mamer, le porte-parole de la Commission européenne.
Meilleure entente avec le Kremlin ?
La politique du nouveau président sera-t-elle pour autant prorusse ? D'après Julien Zarifian, "la relation entre Donald Trump et Vladimir Poutine est assez surprenante, visiblement teintée de respect, voire d'admiration, pour des raisons que personne ne parvient à vraiment à expliquer. Mais comme l'a fait remarquer publiquement le président Poutine, les sanctions contre la Russie étaient particulièrement élevées durant la présidence Trump." D'ailleurs, par la voix de son porte-parole Dmitri Peskov, le Kremlin a indiqué ne pas prévoir féliciter Donald Trump, précisant que ce dernier sera jugé sur "des actes concrets".
La relation entre Donald Trump et Vladimir Poutine est assez surprenante, visiblement teintée de respect, voire d'admiration
"Du côté russe, même si le discours reste mesuré, voire ambigu, on peut penser que Trump a la faveur du Kremlin, poursuit l'expert, qui se montre toutefois prudent. Il n'est pas garanti que l'élection du Républicain améliorera immédiatement les rapports entre Washington et Moscou."
Dans une plus large mesure, les relations entre les États-Unis et la Russie resteront néanmoins "centrales et structurantes", tant pour Washington que pour Moscou. Les intérêts entre les deux pays demeurent "profondément divergents, que l'on pense à l'Ukraine, le Moyen-Orient ou leur vision de l'ordre mondial. En Russie, il est impossible de penser l'international sans faire référence à 'l'Occident', et donc aux États-Unis."